20/09/2017

Ma Famille verte

MA FAMILLE VERTE est un album d'inspiration familiale. J'ai une soeur adoptive, Mee-Kyong, qui est venue de Corée à l'âge 5 ans. Enfant, je savais bien sûr que ma petite soeur avait dû connaître un fameux dépaysement en découvrant la Belgique. Je le savais, mais je ne mesurais pas tout à fait à quel point l'expérience avait été bouleversante. C'est une phrase de ma mère, prononcée alors que j'allais sur mes 15 ans, qui m'a permis de réellement comprendre. Cette phrase, la voici : "Tu sais, m'a dit maman, quand Mee-Kyong est arrivée à  Bruxelles, ça a dû être comme d'arriver sur Mars."

La langue, l'apparence des gens (nous sommes plutôt grands et clairs dans la famille), les odeurs, la nourriture, les maisons, les jouets... tout était radicalement autre pour ma petite soeur. Et ce sont les mots de ma mère qui m'ont permis, en une seconde, d'accéder à une pleine compréhension de ce que Mee-Kyong avait vécu. Les bons pédagogues sont coutumiers de ces coups de génie : par une image, une métaphore, ils font saisir une notion, un concept aux cerveaux paresseux ou récalcitrants...

De la phrase maternelle est né l'idée de Ma Famille verte, album dans lequel une petite terrienne est adoptée par une famille extraterrestre. Sur la planète où elle va vivre, les gens sont très grands, verts de peau, et ils ont quatre bras...

Les images ont été mises en couleur par Denis Roussel, qui s'est surpassé. C'est également à Denis que je dois d'avoir ressorti ce projet de mes tiroirs. Il y dormait en raison de certains problèmes de construction que le recul et l'aide de mon éditrice Odile Josselin m'ont permis de résoudre (I hope).

Bonne lecture, les amis!

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25/09/2016

Roussette et les Zaffreux

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Mon nouvel album, Roussette et les Zaffreux, est sorti. C'est l'histoire d'une petite fille du Moyen Âge qui a des ennuis à cause de la couleur de ses cheveux. Elle est rousse, et les gens la prennent pour une sorcière...

Poursuivie par de méchants enfants, Roussette tombe dans un trou et se retrouve dans une grotte où elle va rencontrer de curieux personnages poilus et moustachus, blancs comme des fantômes (qu'ils ne sont en rien) : les Zaffreux.

J'étais très roux autrefois, roux carotte, et j'ai bien sûr subi quelques moqueries à l'école. Je ne parlerais pas de harcèlement, ce serait exagéré, mais enfin il y a eu des remarques et elles ont laissé une trace... qui est à l'origine de cet album. La chute de Roussette symbolise une plongée en soi, et les Zaffreux sont en quelque sorte des amis imaginaires. Le message implicite du livre (que j'ai découvert après coup) serait celui-ci : l'imagination est un bouclier efficace contre la vilénie des hommes.

La mise en couleur des dessins est signée Denis Roussel.

Résumé de l'éditeur:

C’est l’époque des châteaux forts et des chevaliers aux armures bizarres.
Roussette n’a pas la vie facile. À cause de ses cheveux roux, les gens la prennent pour une sorcière. Et ce jour-là, les enfants du village la poursuivent pour lui faire des misères.
Elle tombe dans une vaste grotte. De drôles de créatures l’encerclent.
«Ouste, les zaffreux !» dit Roussette. Mais les zaffreux veulent jouer…

Lien vers le site de l'école des loisirs:

http://www.ecoledesloisirs.com/php-edl/catalogues/fiche-l...

Autres liens:

Roussette et les Zaffreux, Pastel 2016. 11,50 euros.

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25/10/2013

Dossier J'irai voir les Sioux

 

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Il y a quelques années, je cherchais des sujets de documentaires après mon film sur l’expédition de mon grand-père à l’île de Pâques, l’Homme de Pâques. Je suis allé trouvé mon amie Francina Forment, alors conservatrice de la section Océanie des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. J’espérais qu’elle me donne le nom d’un personnage historique ayant joué un grand rôle en Océanie, un belge ou alors une figure autochtone, sur lequel on aurait suffisamment de renseignements. Il fallait aussi une certaine richesse iconographique. Elle a séché sur ce coup, mais après un moment elle a dit : « Il y a le Père De Smet ».
Ce dernier n’avait rien à voir avec l’Océanie ; c’était un jésuite belge ayant fait carrière aux Etats-Unis – une légende de l’Ouest, me dit Francina en substance. Je me renseignai sur l’homme, et très vite je me rendis compte de son importance. Il avait connu une vie d’aventures, romanesque en diable. Venu en Amérique pour évangéliser les Indiens, il s’était lié à de nombreuses tribus ; son courage, son humour, son honnêteté, son physique (c’était un colosse aux cheveux clairs, aux yeux d’azur, doté d’une voix de baryton impressionnante), tout avait fini par lui conférer un statut à part. Il intervint pour faire signer de nombreux traités de paix, devint l’ami de Sitting Bull, dont il reçut un calumet qui vient – je l’ai appris par hasard – de renter en Belgique pour prendre place dans la vitrine d’une descendante du Père De Smet.
Il y a au moins une ville qui porte son nom aux States, une rivière aussi. Son action mémorable n’était pas sans ambiguïté, puisqu’il poussait les Indiens à déposer les armes, ce dont les colons profitaient immédiatement pour envahir leurs territoires au mépris des traités. Quel sujet ! Quel personnage ! Avec l’appui de mon producteur, Novak Prod (nous travaillons en ce moment à un projet d’adaptation de Bjorn le Morphir), nous avons fait des pieds et des mains pour monter le film, obtenant une aide importante de la Communauté française… mais finalement le projet est tombé à l’eau. Pas. Il faut dire que nous étions ambitieux, envisageant deux tournages aux Etats-Unis (un en été, l’autre en hiver), des reconstitutions…
Depuis lors, je n’ai jamais cessé de penser au Père De Smet, me plongeant de temps à autre dans l’un de ses ouvrages – il écrivait bien, et ses récits de voyages, allègres, pleins de vie et de renseignements ethnographiques, valent le détour. Il serait bon que quelqu’un songe à les rééditer.
Lorsqu’on me proposa d’écrire une nouvelle pour la collection Archimède, à vocation pédagogique – la collection, pas mon texte –, j’ai aussitôt eu l’idée d’utiliser un épisode de la vie du Père De Smet. L’histoire que j’ai écrite s’inspire d’un voyage qu’il a fait en 1839 chez les Sioux Yanktonais, dans le but audacieux de leur demander de cesser leurs raids meurtriers contre les Potowatomies, Indiens auprès desquels il avait été dépêché par ses supérieurs. J’ai repris pas mal de détails, des descriptions, mais bien sûr j’ai changé l’essentiel. Le héros, d’abord, n’est pas un jésuite mais un orphelin de treize ans. Celui-ci, accompagnant un Père jésuite nommé Verboom, va faire quelque chose, accomplir un acte d’héroïsme, qui est pure invention de ma part…

Voici le texte de la 4ème de couverture :

En 1839, les Indiens Potowatomis ont été chassés de leurs terres du Michigan par les Blancs. Ils se retrouvent dans l’Iowa, aux confins du territoire des Sioux. Ces derniers, qui sont parmi les dernières nations libres, leur font la vie dure. Ils surgissent comme l’éclair au milieu des campements potowatomis, tuent et scalpent quelques hommes, avant de repartir en hurlant. Un jour, une délégation de Potowatomis demandent au Père Verboom, un jésuite, de se rendre chez les Sioux pour obtenir la paix. Le religieux accepte et part sans attendre, accompagné d’un garçon dont il est le tuteur : Billy Vos. Après une croisière mouvementée sur le Missouri, les voyageurs s’enfoncent dans les terres vierges. Ils parviennent au camp des Sioux Yanktonais. C’est là, devant les « sauvages » rassemblés, que le jeune Billy va accomplir un geste fou…

En 1839, les Indiens Potowatomis vivent aux confins du territoire des Sioux. Ces derniers leur font la vie dure ; ils surgissent comme l’éclair, tuent et scalpent quelques hommes, avant de repartir en hurlant.
Un jour, une délégation de Potowatomis demande au Père Verboom, un jésuite, de se rendre chez les Sioux pour obtenir la paix. Le religieux accepte et part sans attendre, accompagné d’un garçon dont il est le tuteur : Billy Vos.
Après une croisière mouvementée sur le Missouri, les voyageurs s’enfoncent dans les terres vierges. Ils parviennent au camp des Sioux Yanktonais. C’est là, devant les « sauvages » rassemblés, que le jeune Billy va accomplir un geste fou…

Extrait du livre :

Les cris venaient de partout à la fois. « Les Sioux ! Les Sioux ! », voilà ce qu’on entendait. C’était la même histoire à chaque printemps : les terribles guerriers arrivaient du nord pour tuer.
Je me cachai avec mon ami Deux-Serpents dans un fourré. Une femme et un vieil homme s’y trouvaient déjà. Nous attendîmes tous les quatre, pétrifiés par la peur.
Encore des cris. Des bruits de course, de galopades ; puis, le silence. Les minutes passent sans que personne n’ose bouger. Finalement, je jette un regard à Deux-Serpents, qui hoche la tête de manière entendue. Nous nous apprêtons à sortir, quand un cavalier passe en trombe en poussant des hurlements.
- Il avait un scalp, chuchote Deux-Serpents un peu plus tard.
Je n’avais rien vu ; j’avais le vertige et une envie furieuse de soulager ma vessie.

Des maisons saccagées, des femmes et des enfants errants en silence, l’air hagard… Les hommes, quant à eux, discutaient par petits groupes. L’un brandissait un casse-tête, l’autre, un fusil rouillé ; la plupart restaient les bras ballants, honteux d’avoir eu si peur.
Nous apprîmes de la bouche d’une fillette que deux jeunes hommes avaient été tués et scalpés. Soudain, un groupe s’ébranla, prenant la direction de l’église. Tout le village leur emboîtait le pas, et, bien sûr, Deux-Serpents et moi, nous suivîmes le mouvement.

Je me nomme Billy Vos et, à l’époque de ces événements, au printemps de 1839, j’avais treize ans. Je n’avais jamais connu ma mère ; quant à mon père, trappeur de son état, il m’avait laissé à un jésuite, le Père Verboom, qui se chargeait de mon éducation. Je vivais à Council Bluffs, Iowa, auprès des Indiens Potawatomis.
Le Père Verboom, personnage colossal, doté d’un ventre énorme, dur comme la pierre, s’employait à faire des Potawatomis de bons catholiques. Il n’y parvenait pas vraiment, mais les Indiens l’appréciaient beaucoup. Ils admiraient sa force, son courage, appréciaient son humeur égale et sa franchise. Personnellement, j’aimais le Père Verboom de tout mon cœur.
Nous étions plus de cent à gravir la colline où se dressait l’église, un ancien fort. Le Père Verboom, que les Indiens appelaient Robe-Noire, comme tous les jésuites, accueillit la procession à bras ouverts. Apprenant la mort des deux jeunes hommes, il versa des larmes. Une telle émotivité avait de quoi surprendre chez une personne de sa trempe ; elle faisait partie de son caractère et ne choquait pas les Indiens, qui eux-mêmes n’ont pas honte de pleurer en public.
Le soleil déclinait, je me souviens. C’était l’heure où les grillons se taisent. On disposa des tonneaux vides en cercle, et le Père Verboom s’assit avec plusieurs chefs. L’un deux, appelé Celui-qui-ne-Dort-Pas, s’adressa à lui au nom de tous :
- Depuis que les Blancs nous ont chassés de nos terres de l’Est pour nous forcer à vivre ici, les Sioux nous veulent du mal. Nous sommes sur leur territoire et c’est pour ça qu’ils tuent nos fils. Robe-noire, va leur parler. Dis-leur que nous implorons la paix !
À l’origine, les Potawatomis vivaient dans les régions du Haut-Mississipi et dans le Michigan – loin, bien loin de Council Bluffs.
Le Père Verboom réfléchit un moment. Se rendre chez les Sioux, nation libre et indomptée, il fallait oser. À vrai dire, c’était pure folie.
- J’irai voir les Sioux, annonça le Père Verboom néanmoins.
Il y eu des cris de joie dans l’assistance.
- Je ne pensais pas qu’il accepterait, dit Deux-Serpents à côté de moi.

J’ai réalisé une trentaine d’illustrations pour le livre ; la mise en couleur a été faite à l’aquarelle, avec des touches de gouache. Pour une fois, donc, mon complice Denis Roussel n’est pas intervenu – sauf sur la couverture afin de la rendre plus mystérieuse. Ah, j’oubliais : c’est également lui qui a habillé la carte et l’a mise en couleur. Ce document est, précisons-le, un faux inspiré d’une carte d’époque. Petite anecdote à ce sujet : alors que nous placions les noms de tribus, si poétiques – Cœurs d’Alène, Pends d’Oreilles, Arcs Plats, Chaudières –, Denis se tourne vers moi. « Et si on mettait les Têtes de Nœud, me propose-t-il. Personne ne le verrait. » J’étais tenté, je vous l’assure !…

Pour ceux que le Père De Smet intéresserait, il existe deux biographies à ma connaissance, dégotables uniquement chez les bouquinistes ou sur Amazone, e-Bay, etc.

- R.P. Laveille, Le P. De Smet (1801-1873), H. Dessain Editeur, Liège, 1913.
- John Upton Terrell, Robe-noire, vie de Pierre De Smet, missionnaire, explorateur et pionnier, Wesmael-Charlier, coll. Ici et Ailleurs, Namur/Paris, 1969.

Le texte le plus facilement accessible, excellente introduction à De Smet et lecture jouissive, est un chapitre du livre de Jean Lacouture : Les jésuites, une multibiographie. C’est dans le tome II, je ne peux vous dire à quelles pages, ayant prêté mon exemplaire.

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Le Père De Smet (1801-1873)

Comme c’est la traditions dans la collection Archimède, J’irai voir les Sioux est suivi d’un dossier pédagogique abondamment illustré. Dû à Michel Marbeau, le texte se focalise sur les Sioux, leur histoire, leur mode de vie, leurs chefs les plus célèbres…

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Sitting Bull, le grand chef sioux

 

Lisez l'article de Laurence Bertels dans la Libre Belgique (paru le 30 mai 2011) :

http://www.lalibre.be/culture/livres/article/664041/allon...

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24/10/2013

J'irai voir les Sioux : quelques illustrations du livre

Ci-dessous, une petite série d'illustrations tirée de J'irai voir les Sioux ; le livre en présente très exactement 32, en comptant la couverture, la 4ème de couverture, une carte... La première que je vous livre ici, image d'un ours, a été malheureusement sacrifiée, faute de place. Vous ne la trouverez donc pas dans le bouquin.

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08/10/2013

Interview Padouk s'en va

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Une étudiante en cours de librairie (école IFAPME à Liège) m'a récemment posé des questions sur Padou s'en va, deuxième histoire de Jojo de la jungle, pour son travail de fin d'études. Je vous livre ici l'interview en question :

1.Pour vous, après la lecture d'un album sur le deuil, l'enfant peut-il mieux vivre son deuil ? Quel est le rôle principal de cet album d'après vous?

Je pense qu’un album, comme un roman ou un film, peut avoir un impact positif, oui – par exemple en aidant quelqu’un à surmonter une situation difficile. Cela étant, je n’ai pas fait cet album en pensant aux enfants connaissant une situation de deuil. Je ne conçois pas mes albums comme des oeuvres-médicaments ; jamais. De même, je n’écris pas mes romans pour faire passer des messages ou dans le but d’aborder tel thème sensible. Les services qu’ils peuvent rendre, l’aide psychologique qu’ils peuvent éventuellement apporter, me ravissent – mais, encore une fois, je ne travaille pas dans ce but. Divertir, transporter le lecteur dans un univers riche et original, lui offrir des émotions, entre autres esthétiques, voilà mon objectif premier, mon principal souhait.

2.Selon vous, quelles couleurs doivent-être mises en avant dans les albums consacrés à ce sujet.

Vous parlez des coloris ? Si c’est cela, je ne vois qu’il y ait la moindre contrainte. S’il s’agit des couleurs psychologiques, je pense que la liberté doit être de mise, là aussi. Chaque auteur aborde les thèmes qu’il choisit à sa manière, selon sa personnalité, en fonction de sa sensibilité, de ce qu’il a vécu…Aucune règle absolue, selon moi. Dans Padouk s’en va, il y a pas mal d’humour – la preuve que la mort et le sourire peuvent coexister…

3.Pourquoi avez-vous écrit un livre sur ce sujet bien précis?

Je me permets de reprendre la réponse qui figure sur mon blog, et que voici  : « L’idée a pour origine un souvenir personnel. Je suis allé à l’Île de Pâques en 2000, pour faire un documentaire sur l’expédition franco-belge de 1934, dont faisait partie mon grand-père, Henri Lavachery. Dans nos bagages, nous amenions des photographies de 1934, prisent par mon aïeul, son collègue Alfred Métraux ou encore les marins du navire-école belge Mercator. Les Pascuans (habitants de l’île) d’aujourd’hui les contemplèrent avec avidité. Ces images provoquèrent une émotion que, vraiment, je n’avais pas anticipée. Des personnes se découvraient enfant, d’autres se trouvaient face à des parents disparus, aux visages oubliés. Une femme put même contempler pour la première fois l’image de sa mère, morte quand elle était petite. De cet épisode émouvant j’ai tiré le sujet de mon livre, qui traite de la perte du souvenir des morts dans un monde sans photographie. Car c’est ainsi : sans le support de l’image photographique ou picturale, les visions mentales que nous avons de nos disparus s’estompent et finissent par disparaître. Cette deuxième perte est un crêve-cœur, une expérience douloureuse à laquelle mes héros de la jungle sont confrontés… et qu’ils parviennent à surmonter grâce à une idée géniale du singe Jojo. »

4.Avez-vous eu des retours de parents ayant utilisé votre ouvrage?

En deux ou trois occasions, oui. Je me souviens par exemple d’une femme rencontrée à Saint-Germain-les-Arpajon, lors d’un salon du livre, et dont le beau-frère venait de décéder. Elle avait offert Padouk à ses neveux et m’a remercié chaleureusement, avec émotion. Je n’ai pas osé en demander plus, m’enquérir de la manière dont s’était déroulé la lecture…

5.Sur quels critères vous êtes vous basé pour écrire cet album? Qu'est-ce qui est indispensable pour faire un bon soutient pour l'enfant?

Encore une fois, je ne me suis pas préoccupé du soutien à apporter : je voulais seulement raconter une belle histoire. Et comme je traitais un sujet sensible, j’ai essayé de le faire avec délicatesse et pudeur. 

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25/06/2013

Trois histoires de Jojo de la jungle

Trois histoires de Jojo de la jungle est sorti le 28 mars dans la collection Mouche de l’Ecole des loisirs, en grand format. Les deux premières histoires ont déjà été publiées séparément en album ; il s’agit de Jojo de la jungle et de Padouk s’en va (voir articles à leur sujet). La troisième, Jojo perd la tête, est inédite. Elle relate comment Jojo, obsédé par le désir de voler, fait une grosse, grosse, grosse bêtise. 

Lorsque j’étais enfant, nous avions un voisin qui, à l’époque, était employé dans une entreprise où il s’ennuyait ferme. Son plaisir, le soir et le week-end, consistait à s’occuper de ses tulipes, disposées en lignes parfaites, un tantinet martiales. Un jour que je me prenais pour D’Artagnan, je m’attaquai aux tulipes, armé d’une baguette de bambou. J’avais perdu tout contact avec la réalité : j’étais un mousquetaire et les fleurs, mes ennemis. Je les décapitai une à une en poussant des cris guerriers. Et ce n’est qu’après, alors qu’elles gisaient pêle-mêle sur le sol, que je réalisai ce que j’avais fait. 

Le soir, rentrant avec sa petite mallette, le voisin trouva son parterre dévasté. Sidéré, l’œil humide, il dit à ma mère : « Je ne comprends pas, Thomas nous aime bien, pourtant… » Elle lui expliqua que j’avais agi sur un coup de folie, dans un état second. 

Je m’excusai dans une lettre agrémentée de beaux dessins, et nous restâmes amis.

C’est de cet épisode, et de deux, trois autres du même genre, que je me suis inspiré pour écrire et dessiner Jojo perd la tête, dernière histoire du recueil paru en mars dernier – et dont voici la couverture et trois images. Les couleurs sont comme d’habitude signées Denis Roussel, lequel s’est surpassé, à mon humble avis.

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Texte de la quatrième de couverture :

Jojo est un type bien. Assurément. Gentil comme tout, cela va de soi. Et généreux, à n’en pas douter. Qui aide les vieilles personnes à traverser le boulevard de la jungle ? Qui change les couches d’Ozone, le bébé géant ? Qui prend soin du souvenir de Padouk ? Et qui se préoccupe des ailes des perroquets ? Jojo, vous l’aviez deviné. Parce que Jojo est un type bien.

Trois histoires de Jojo de la jungle

Paru le 28 mars 2013

Collection Mouche (grand format) de l’Ecole des loisirs

17,50 euros

Âge : 7 à 77 ans


Cliquez ici : http://www.ecoledesloisirs.fr/php-edl/catalogues/fiche-li...

 

15:27 Écrit par Thomas Lavachery dans ACTU, Mes albums | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/08/2012

Un recueil des aventures de Jojo

J’ai terminé une troisième histoire de mon héros de la jungle, le singe Jojo. Elle ne connaîtra pas d’édition en album mais figurera dans un recueil de la collection Mouche (Ecole des loisirs), avec les deux premières : Jojo de la jungle et Padouk s’en va. Le titre de ce troisième épisode est Jojo perd la tête. Le sujet m’a été inspiré par un souvenir d’enfance - je n’en dis pas plus pour l’instant. Plus de détails, un petit dossier et tout, à la sortie du recueil… dont je ne connais pas encore la date. Ci-dessous, quatre dessins tirés de Jojo perd la tête. Ils sont en NB car Denis Roussel travaille encore à la mise en couleur.

 

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17:34 Écrit par Thomas Lavachery dans ACTU, Mes albums | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/04/2012

Padouk s'en va

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PADOUK S’EN VA

Paru en 2011, Padouk s’en va est un album qui me tient particulièrement à cœur. L’idée a pour origine un souvenir personnel. Je suis allé à l’Île de Pâques en 2000, pour faire un documentaire sur l’expédition franco-belge de 1934 (voir rubrique « Mes documentaires »), dont faisait partie mon grand-père, Henri Lavachery. Dans nos bagages, nous amenions des photographies de 1934, prisent par mon aïeul, son collègue Alfred Métraux ou encore les marins du navire Mercator. Les Pascuans d’aujourd’hui les contemplèrent avec avidité. Ces images provoquèrent une émotion que, vraiment, je n’avais pas anticipée. Des personnes se découvraient enfant, d’autres se trouvaient face à des parents disparus, aux visages oubliés. Une femme put même contempler pour la première fois l’image de sa mère, morte quand elle était petite.

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Le Breton Vincent Pont et sa famille pascuane

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Pascuane

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Mon grand-père Henri Lavachery à l'Île de Pâques

De cet épisode émouvant j’ai tiré le sujet de mon livre, qui traite de la perte du souvenir des morts dans un monde sans photographie. Car c’est ainsi : sans le support de l’image photographique ou picturale, les visions mentales que nous avons de nos disparus s’estompent et finissent par disparaître. Cette deuxième perte est un crêve-cœur, une expérience douloureuse à laquelle mes héros de la jungle sont confrontés… et qu’ils parviennent à surmonter grâce à une idée géniale du singe Jojo.

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Le docteur de la jungle

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Les amis de Padouk font du bruit afin qu'il ne sombre pas dans le sommeil pour toujours

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Padouk sur son lit de malade

Résumé de l’éditeur :

Padouk, un ami de Jojo de la Jungle, est très malade. Trop malade pour guérir.
Ses amis essayent tout pour le retenir, le ranimer : en vain. Padouk s’en va.
Le temps passe, la vie reprend son cours. Un jour, la sœur de Jojo s’aperçoit qu’elle a oublié le visage de l’ami défunt. C’est la panique !
Heureusement, Jojo a une idée pour que le souvenir de Padouk ne n’efface jamais jamais…

Quelques liens :
http://www.ricochet-jeunes.org/livres/livre/44166-padouk
http://enfantipages.blog.lemonde.fr/2011/10/11/padouk-sen-va/
http://www.franceinter.fr/emission-las-tu-lu-mon-ptit-loup-padouk-sen-va-et-frida-et-diego-au-pays-des-squelettes

J’ai terminé récemment le troisième épisode des aventures de Jojo de la Jungle, qui s’intitule Jojo perd la tête. Une image ci-dessous :

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16:01 Écrit par Thomas Lavachery dans Mes albums | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/04/2010

Jojo, mon premier album

J'ai commencé par la bande dessinée, comme vous le savez peut-être, avant de laisser tomber le 9ème art pour l'écriture. Mais je n'ai jamais cessé de dessiner et je caressais depuis longtemps l'idée de me mettre aux albums illustrés. C'est maintenant chose faite, et mon premier bébé, Jojo de la jungle, paraîtra à l'Ecole des loisirs début mai. C'est un livre rigolo (qui se veut tel, en tous cas), destiné aux 5-80 ans. En voici la couverture : 

JOJO_page01_Couverture

Le personnage de Jojo est l'héritier de mon premier héros de BD, un animal appelé Soumak, créé vers 1978, alors que j'avais 12 ans. Jojo a la même tête que Soumak ; je lui ai cependant rajouté des poils et une queue.

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Soumak, mon premier héros de BD

J'ai gardé ce personnage plusieurs années et lui ai fait vivre toute une série de petites aventures qui se déroulaient dans un Moyen Âge fantastique, truffé de magie et de dinosaures.

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Un extrait des aventures de Soumak (1980)

Quand j'étais petit, mes parents nous achetaient peu d'albums, à ma soeur et à moi. C'est parce qu'il y avait toute une collection de livres illustrés dans la bibliothèque familiale. Ils avaient appartenus à mes frères aînés, pour la plupart, et certains d'entre eux m'ont énormément marqué. 

Je citerai d'abord les ouvrages de Samivel, dont j'adorais l'univers bordélique, complètement fou. Son album intitulé Samovar et Baculot, la Parade des diplodicus, reste pour moi insurpassable.

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Samivel, Samovar et Baculot (1933)

Vous connaissez ces pièces de tissu qui servent à couvrir les trous dans les vêtements... Eh bien, Samivel en mettait partout : sur les rochers, les arbres, les dinosaures. J'adorais ça ! Quand on commence la lecture de Samovar et Baculot, on tombe sur une double page montrant les héros ouvrant un énorme rideau - une idée dont je me suis inspiré pour le début de Jojo de la jungle :

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Mes autres auteurs de prédilection étaient aussi des gens plutôt anciens, morts depuis belle lurette : Benjamin Rabier (Ah, ce bon vieux canard Gédéon !), Beatrix Potter, Jean de Brunhoff... Ils m'inspirent aujourd'hui encore. Cela dit, mon style de dessin doit beaucoup à la BD, bien sûr. A ce propos, le meilleur des bédéistes animaliers demeure pour moi Raymond Macherot, dont l'oeuvre, pleine de force et de justesse, est malheureusement un peu oubliée. Les trois premiers albums de Chlorophylle sont de pures merveilles. Quand on demandait à Hergé et à Franquin quels étaient ceux, parmi leurs collègues, qu'ils admiraient le plus, ils citaient tous les deux Macherot dans une liste qui n'était pas bien longue !

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La première aventure de Chlorophylle le lérot, récemment rééditée

C'est Denis Roussel, l'auteur des couvertures bjorniennes, qui a mis Jojo de la jungle en couleur. Avec Photoshop ! Je suis positivement ravi du résultat. Denis a développé toute une série de stratagèmes afin d'éviter subtilement le côté artificiel, froid, des couleurs "informatiques". C'est sa cuisine secrète...

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Page 17 de Jojo de la jungle

J'ai d'autres projets d'albums, des scénarii plein mes carnets. En ce moment, je mets la dernière main à un bouquin, une nouvelle illustrée, qui paraîtra dans la collection Archimède de l'Ecole des loisirs. C'est une histoire d'Indiens : Celui-qui-retient-les-flèches. Voici l'une des premières images du livre, colloriée, comme il se doit, par mister Roussel :

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28/04/2010

Jojo dans le Soir

Un article de Lucie Cauwe sur Jojo de la jungle dans le Soir de Bruxelles, jeudi 29 avril 2010. Cliquez sur le lien suivant :

http://www.lesoir.be/culture/livres/2010-04-29/sacrement-...

 

10:09 Écrit par Thomas Lavachery dans Mes albums, Presse | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |