21/10/2009

Daphnir

DAPHNIR

Daphnir

Dans une première version de Bjorn le Morphir, Bjorn perdait son épée, Mordeuse, alors qu’il quittait la grotte aux geckos à la nage. A la fin du livre, je prévoyais que le roi Harald lui fasse cadeau d’une nouvelle et somptueuse épée. Lorsque j’ai lu à mon fils aîné, Jean, l’épisode de la perte de Mordeuse, il a été déçu. Ça ne lui plaisait pas du tout, cette disparition. Il m’a harcelé pendant des jours pour que je change d’idée, et j’ai fini par céder. C’est ainsi que Bjorn a gardé son épée et que, dans les derniers chapitres, Harald lui offre un autre présent : un dragonneau. Ceux qui aiment Daphnir peuvent donc remercier Jean de son intervention, car sans elle, il est possible que Bjorn n’aurait jamais eu de dragon.

Il m’est arrivé souvent, dans ma saga, de mettre en scène des créatures surnaturelles bien connues et « surutilisées », si vous me pardonnez ce néologisme, dans la littérature fantastique : dragons, trolls, elfes, griffons, etc. Chaque fois, j’essaye de me les approprier et de renouveler leur image, d’en prendre même, si possible, le contre-pied. Ainsi des trolls, qui, dans la tradition nordiques, sont d’affreux géants, et dont j’ai fait des êtres civilisés et souvent aimables. Pour Daphnir, je voulais également m’éloigner des poncifs, ne pas en faire une créature terrible, puissante, furieuse… J’ai donc créé un petit dragon souffreteux, perpétuellement enrhumé, dont Bjorn doit s’occuper en permanence pour le maintenir en vie. Un avorton qui, bien sûr, est appelé à changer, à se développer d’une façon que le lecteur découvre au fur et à mesure de l’histoire et des volumes…

DAPHNIR

Date de naissance :

Le 6 août 1065, vers midi.

Physique :

Lorsque Bjorn l’a reçu du roi Harald, Daphnir avait la peau molle et translucide, un  museau allongé et tout morveux qui ressemblait à un bec de canard, des yeux gris-jaune, des oreilles pointues et dentelées, et deux cornes minuscules au sommet du crâne. Ses pattes, extrêmement fines, rappelaient celles d’un têtard en cours de métamorphose. Ensuite, au fil des semaines et des mois, il a forci, s’est musclé. Le feu est né dans ses entrailles, ses ailes ont poussé, ainsi que ses griffes et ses dents. Il semble que le séjour aux enfers, où il a mangé toutes sortes de choses curieuses : champignons, légumes géants, sel… ; il semble que ce séjour lui ait particulièrement profité. En mai de l’année 1068, alors que Bjorn, sorti des enfers, s’apprête à vivre une grande aventure guerrière, Daphnir a la taille d’un étalon, et son corps musculeux est impressionnant. Il a les yeux orange, de longues cornes vrillées, une jolie crête qu’on dirait faite en verre volcanique.

Costume :

Le costume d’un dragon, c’est sa robe, dont la couleur varie suivant la race. La robe de Daphnir a changé maintes fois depuis son enfance, suscitant la perplexité des observateurs. En effet, le dragon de Bjorn a d’abord été translucide, puis brun, puis gris, puis gris avec des taches. Actuellement, il est de nouveau gris – un gris foncé évoquant la couleur d’un vieux chaudron… Harald voyait en lui un dragon doux, ensuite ses diverses colorations ont fait dire successivement qu’il était un morne, un griffes, un noir, un mirobolant retardé, un dragon unique. Quelle est le véritable race de Daphnir, c’est l’une des grandes interrogations de la saga. J’y réponds dans le volume 5, Bjorn aux enfers IV…

Ses cris, grognements et bruits habituels :

Rââââgr ! (il râle) – Ouingr ! (il pleure) – Yarf ! (il se réjouit devant une nourriture appétissante) – Râââââgr ! (cri de guerre) – Meueugl ! (il est intrigué) – Râââgroumgrr ! (il est très fâché) – Rononongh ! (ronronnement) – Grumf ! (il est content) – Ououou ! (il est très triste) – Raaaghel ! (il proteste) – Beurkp ! Breueukb ! (renvois). Le soupir-renvoi est une spécialité à lui, une authentique création daphnirienne : Hurf-bufp. Aux enfers, Bjorn le transporte dans un sac à ventre ; quand Daphnir veut descendre, il prononce une espèce de mot, le seul son vraiment articulé dont il est capable : Morgul !

Qualités :

Il se montre extrêmement habile avec ses pattes, qui égalent presque des mains.

Il est très délicat, mange proprement.

Il possède le feu bleu, feu dirigé particulièrement intense, capable de percer à peu près n’importe quoi.

Il voit dans le noir, comme un chat, cela même dans le noir absolu du tanarbrok, cinquième étage infernal.

Ses yeux possèdent des membranes qui les protègent des lumières trop fortes.

Il est très peu sensible au poison sous toutes ses formes.

Son simple contact peut apaiser certains maux. Ketill le Rouge, sujet aux migraines, le touche régulièrement pour faire partir le mal.

Défauts, petits travers :

Il boude parfois. Et il lui arrive de se montrer un peu jaloux, comme lorsque Bjorn lui présente Wulf, le chat qu’il a reçu aux enfers, pendant son séjour en prison.

Sa famille :

Bjorn et les siens sont sa vraie famille, bien sûr. Pour ce qui est de ses parents dragons, on ignore qui ils étaient, car Daphnir fut trouvé dans son œuf par des pêcheurs hirogwars – d’où l’incertitude quant à sa race.

Informations en vrac :

Il lui manque un petit bout de queue, suite à l’épisode où, aux enfers, il a séché et blanchi comme un os de seiche.

Il aime les oiseaux de nuit, hiboux et autres chouettes.

Il adore le feu, peut rester des heures en contemplation devant des flammes ou de la lave en fusion.

Sa mâchoire peut se décrocher, ce qui lui permet d’engloutir d’énormes proies.

Son urine sent le souffre et a rendu certains services à Bjorn et à ses compagnons aux enfers, comme lorsqu’il a fallu nettoyer les chevaux petchégols de la fiente durcie qui les recouvrait…

Il peut cracher son feu par les narines.

 

18:13 Écrit par Thomas Lavachery dans Les personnages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/10/2009

Gunnar

GUNNAR

Gunnar

Gunnar, le frère aîné de Bjorn, est pour l’instant (cela changera !) un personnage secondaire. Sa fiche est courte et je préfère donc la présenter sous forme de texte continu.

Gunnar fils d’Erik est né en mars 1051. Cheveux noirs, visage carré, épaules puissantes, il possède une beauté virile, farouche. Il a toujours été grand pour son âge. Il est agile, costaud, intrépide – excellent dans tous les exercices physiques. Il plaît aux filles, impressionne les adultes, marque la mémoire des visiteurs. C’était un peu le prince de la maison, le favori, celui à qui tout réussi. Bjorn, en revanche, ne se distinguait en rien et faisait pitié, ce dont Gunnar, avec la cruauté des aînés, se réjouissait ouvertement, se moquant de son « frérot » à la moindre occasion. Et puis Bjorn est devenu un morphir, et tout a été bouleversé dans les rapports familiaux. Gunnar a perdu d’un coup son statut de fils prodige au profit de son cadet. Il l’a mal vécu, s’est renfermé. Il est cependant parvenu à surmonter sa jalousie et les deux frères se sont rapprochés. Quand Harald a appelé Bjorn à la capitale pour lui confier une mission, le sang de Gunnar n’a fait qu’un tour. Sans savoir ce que serait cette mission, il a fait jurer à Bjorn de l’emmener avec lui. Le morphir s’est exécuté, mais il n’a pas tenu parole. Au retour des enfers, il a retrouvé tous les siens – sauf Gunnar, qui a quitté le foyer rempli d’un terrible ressentiment à l’égard de son parjure de frère. C’est une véritable haine qui lui ronge le cœur, et elle aura bien sûr des conséquences…

 

17:19 Écrit par Thomas Lavachery dans Les personnages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/10/2009

Svartog

SVARTOG!

Svartog-Longs-Bras

Svartog-Long-Bras est un personnage qui, comme souvent, a surgi sans aucune préméditation de ma part. Et je n’avais pensé en faire un héros en le faisant apparaître sur la terrasse des combattants, chez l’armurier Benok. Je sais que Svatog est le personnage préféré de pas mal de lecteurs et lectrices, ce qui m’étonne un peu, car il n’a rien de très spectaculaire ni de très sexy. Cela dit, ça me fait plaisir !

SVARTOG-LONGS-BRAS

Date de naissance:

Le 10 mai 1038.

Physique :

Il est mince, mesure plus de deux mètres ; ses bras et ses jambes sont interminables, ce qui lui donne l’allure d’une cigogne. Teint pâle, visage émacié. Son crâne est recouvert d’un duvet miteux. Une unique mèche, longue et filasse, lui tombe sur l’œil gauche. Il manque une dent à son sourire depuis une bagarre mémorable avec Ketill, dans les enfers, alors qu’ils étaient tous deux sous l’emprise d’un gaz maléfique.

Costume :

Il porte une longue cape rouge cachant une fine armature de métal – c’est la fameuse cape cerf-volant, qui s’ouvre lorsque son propriétaire saute d’une hauteur suffisante ; elle devient alors une aile capable de le transporter dans les airs. Cet objet merveilleux fut ramené du Royaume du Soleil-Levant (situé très loin à l’Est) par Paderbok, arrière-grand-père de Svartog.

Tunique brodée, pantalon collant, chaussette de feutre et bottes de même matière constituent le reste de son habillement.

Expressions, mots, jurons favoris :

Hirdoun ! (juron hirogwar fort grossier) – Formidable ! – Parole d’hirogwar !

Qualités :

C’est un être intelligent, réfléchi, doué d’un grand sang-froid. Il sait beaucoup de choses, grâce à l’éducation reçue de son arrière-grand-père Paderbok, le voyageur.

Il a une connaissance instinctive de l’écoulement du temps. Pas besoin pour lui de voir le soleil ou les étoiles pour dire l’heure du jour ou de la nuit. Il peut également indiquer d’instinct les points cardinaux. Autant de dons qui furent extrêmement précieux au enfers !

C’est le roi de l’escalade, si bien que Sigrid le compare à un gecko.

Il a un odorat très développé.

A la course, il est imbattable sur les longues distances.

Il manie l’aiguille avec talent, tant pour assembler des pièces de tissu ou de cuir que pour recoudre les plaies.

Il soigne volontiers ses compagnons, connaît maints remèdes – c’est le docteur de la bande.

Il lit très bien les pistes.

Il est doué pour les langues et en pratique plusieurs.

Sa curiosité est insatiable. Chez les petchégols, dans les enfers, il apprend mille détails sur les us et coutumes de ses hôtes en un rien de temps, suscitant l’admiration de Sigrid.

Défauts, petits travers :

Difficile de trouver quelque chose à mettre ici. On notera seulement que Svartog est pointilleux au sujet de son honneur, et qu’il se vexe parfois quand il juge celui-ci bafoué – mais est-ce un défaut ?

Sa famille :

On ne sait rien de ses parents ; il n’en parle jamais. Le grand personnage de sa famille, sa référence, c’est Paderbok, l’arrière-grand-père, l’hirogwar célèbre qui, accompagné d’un singe petit-fauve, a passé sa vie à voyager. Il a légué à Svartog la cape cerf-volant.

Svartog ne perd jamais l’occasion d’honorer la mémoire de Paderbok, et il conserve, dans sa chambre à Koy, toutes sortes d’objets hérités de son aïeul, dont un petit dictionnaire de vocabulaire soleil-levantain.

Informations en vrac :

Il possède une épée longue et fine, étincelante damasquinée d’or et d’argent, arme fabriquée dans les ateliers de maître Benok, à Koy.

C’est un excellent escrimeur, possédant une technique savante.

Il fume la pipe – et pas qu’un peu !

Il est sujet aux insomnies.

Une allusion de sa part nous a appris qu’il a fréquenté – amoureusement – au moins une femme humaine.

Son rire ressemble à une espèce de grincement.

Il chante mal, « comme un chaudron », dit Ketill le Rouge.

A l’instar de Ketill, il aime les défis techniques.

Aux enfers, son cerveau fut habité par un « porrablot », limace abjecte et monstrueuse qui infecte l’esprit et rend les gens d’une folle témérité. 

Il regrette l’oubli des traditions de son peuple. Aux enfers, il a rencontré des morts anciens, des hirogwars qui lui parlent des coutumes d’autrefois. Svartog a ainsi rassemblé une matière inestimable et projette d’écrire un jour le « Livre des hirogwar ».

Aux enfers, il s’est fiancé à Maya, femme du peuple Yus, tailleuse de pierre, bâtisseuse expérimentée.

14:46 Écrit par Thomas Lavachery dans Les personnages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/09/2009

Dizir

DIZIR

Le demi-troll Dizir

J’avais déjà écrit plusieurs chapitres de Bjorn le Morphir, premier voler de ma saga, quand je me suis demandé si l’atmosphère du roman – qui commence par un long hui-clos – n’était pas trop oppressante. Il fallait, pensai-je, rajouter un élément comique. Je suis donc revenu en arrière pour introduire le demi-troll Dizir, personnage drôle, attendrissant et haut en couleur (j’espère qu’il est tout ça !)

DIZIR

Date de naissance :

Septembre ou octobre 1016 : il ne connaît pas la date exacte.

Physique :

Dizir n’a rien d’un petit lutin : c’est un grand gaillard de demi-troll, musclé, qui se déplace comme un ours. Visage pustuleux, crâne bosselé, bouche tordue, nez en forme de courge, il n’est pas beau – du moins selon les critères humains. Dizir est chauve, comme tous les trolls (sauf rares exceptions).

Costume :

Pas grand-chose à dire là-dessus : il s’habille suivant la mode viking. On découvrira dans Bjorn aux armées qu’il aime porter des bracelets de force.

Expressions, mots, jurons favoris :

Zaloperie – Zaligaud – Zut alors ! – Par la Zainte Vierge !

Qualités :

Il est généreux, dévoué, même pour ceux qui lui sont hostiles (voir la manière dont il s’occupe de Drunn dans Bjorn le Morphir). Il a un courage à toute épreuve. Combattant expérimenté, il a fait la guerre contre les Vorages (c’est à cette occasion qu’il a rencontré Eric, le père de Bjorn) et participé à de nombreuses batailles sous le règne glorieux de Harald. Fidèle en amitiés, il a quitté le service du roi en même temps qu’Eric, abandonnant du même coup ses rêves d’ascension sociale – il aurait aimé être le premier troll à entrer dans la horde royale.

C’est un extraordinaire nageur ; balourd sur le plancher des vaches, il devient gracieux comme un phoque dès qu’il se met à l’eau.

Défauts, petits travers :

Il est têtu comme une mule.

Sa famille :

Dizir est un enfant trouvé. Souvent, les humaines accouchant d’un demi-troll cherchaient à s’en débarrasser, les relations mixtes n’étant pas si bien vues que cela, même au Fizzland, le plus tolérant des royaumes du Nord.

La vraie famille de Dizir, c’est celle d’Erik fils de Sigur, où il est aimé et respecté (sauf par Drunn le berger). Il éprouve une affection particulière pour Bjorn, son « préféré ».

Informations en vrac :

Comme tous les trolls et demi-trolls, Dizir zézaie. Sa toute première réplique dans Bjorn le Morphir : « Z'est le déluze ! » (C'est le déluge !)

Il adore les bêtes, dont il prend soin avec dévouement. Son animal préféré est le bélouga.

Il est émotif au point d’avoir la larme facile.

Il aime la fête ; c’est un fameux danseur d’ancestrolle, la danse trollienne par excellence.

Comme tous les trolls partageant la vie des humains, il mange en bout de table pour ne pas indisposer les autres convives.

Comme Ketill et le roi Harald, il éprouve un amour spécial pour la Sainte Vierge, qu’il prie de préférence à Jésus et à Dieu le Père.

Ce que les autres disent de lui :

Hari le pêcheur : « Dizir est comme une boule de Mamafidjar : répugnant à l’extérieur, mais somptueux à l’intérieur. »

 

18:23 Écrit par Thomas Lavachery dans Les personnages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/09/2009

Ketill le Rouge

 KETILL

Ketill le Rouge

J'inaugure cette rubrique consacrée aux personnages de Bjorn le Morphir avec mon héros préféré, celui que j’aime le mieux mettre en scène : Ketill le Rouge. Il m’a été inspiré (entre autres) par deux créatures de Dumas : Athos et Portos. Ketill, d’une infinie sensibilité (c’est un grand artiste !), est capable de rudesse, de grossièreté ; il peut même se montrer un tantinet « beauf », comme on dirait aujourd’hui. Sa personnalité est contrastée, multiple, baroque, et c'est pour ça qu'elle me plaît !

Ketill apparaît à la fin de Bjorn le Morphir ; il fait partie de ceux qui assistent au duel entre Bjorn et le prince Dar. Et, bien sûr, il est l'un des personnages principaux dans le cycle des enfers. Il sera absent physiquement dans le premier volet de Bjorn aux armées, après quoi, rassurez-vous, il repointera son nez...

KETILL LE ROUGE

Date de naissance :

5 avril 1026 ; il est originaire de la province du Midfjord.

Physique :

Grand, fort, il est célèbre pour sa longue et somptueuse toison rousse. Le roi Harald l’appelle d’ailleurs « La Crinière ». Tous les matins, avant le petit déjeuner, Ketill se coiffe cheveux et barbe, rituel qui peut durer jusqu’à une heure.

Ketill est beau ; il a le front haut et large, des lèvres charnues, une dentition parfaite. Lorsqu’il est soucieux ou fâché, une ride profonde, verticale, creuse son front. Ses yeux, d’un bleu intense, virent au gris dès qu’il est triste.

Il possède un arrière-train rebondi qu’il n’aime guère, et qui lui vaut un surnom : Poudoum, mot hirogwar signifiant « fessier ».

Ayant participé à maintes batailles, cela depuis l’âge de 13ans, il a le torse le plus couturé du Fizzland, ce dont il est infiniment très fier.

Costume :

En tant que membre de la horde, il porte la tunique bleu et or. Il a un sous-vêtement curieux : une jupette en peau d’élan avec une poche sur le revers, dans laquelle il y a… un peigne.

Expressions, mots, jurons favoris :

Maboule – Pardi ! – Ramdam – Nenni – Corne de bique ! Hardi, mes enfants ! – Tonnerre ! – Bon Dieu de bois ! – Sacrebleu ! – Ceci ou cela « ne vaut pas tripette » – Chapeau bas ! – Salut la compagnie !

Qualités :

Généreux, fidèle en amitié, Ketill est au fond une crème d’homme. Poète audacieux et de grand renom, il montre aussi de formidables dispositions pour la sculpture, art auquel il voudrait s’adonner dans l’avenir, clamant haut et fort qu’il ne s’intéressera qu’à la Vierge. « Elle sera mon sujet attitré, mon obsession », a-t-il déclaré dans les enfers, alors qu’il entamait la sculpture d’une petite tête de Marie, son premier chef-d’œuvre.

C’est un grand combattant, même si son escrime très physique, reposant sur l’audace et la force, est quelque peu dépassée.

Excellent marin, il a beaucoup voyagé dans sa vie, entre autres au sud du Sud, en Asimie.

Défauts, petits travers :

Il est têtu, boudeur, déteste être contredit. Il est capable de la plus insigne mauvaise foi.

Il a tendance à lever le coude, ce qui lui a valu quelques disputes avec Bjorn, aux enfers.

Sa famille :

Il est marié à Herdis fille de Bodvar, dont il a eu un fils : Yon. Ce dernier est mort en mer, lors d’une tempête, accident dont Herdis rend Ketill responsable. Le couple ne se parle pratiquement plus depuis le jour du drame. Dans Bjorn aux armées, tome 1, Bjorn rendra visite à Herdis et constatera combien la rancune de celle-ci est toujours vivace.

Ketill a des frères et sœurs, parmi lesquels Bolli, 50 ans, un bossu mentalement retardé. Ketill l’adore et l’a évoqué pour la première fois (Bjorn ignorait jusqu’à son existence) devant les infernautes, ces autres défavorisés du destin.

Informations en vrac :

Il possède un merveilleux étalon noir, Stavig, qu’il a laissé derrière lui sur la route des enfers.

Il parle très vite sous le coup de certaines émotions.

Il est gravement claustrophobe.

Il a été deux fois vainqueur du Skanjarfnar, la plus importante course à ski du Fizzland.

C’est un nageur hors pair.

Sa vue est moyenne, mais son ouïe, excellente.

Quand il chante, sa voix prend un timbre métallique désagréable qui déplaît particulièrement à Daphnir.

Il dort toujours avec un œil à demi ouvert.

Il possède (ou plutôt « possédait », car il l’a abandonné aux enfers) une besace en cuir de renne, véritable sac à malice rempli d’objets plus ou moins utiles : flûte double-bec, amulettes, appeau à lièvre, Vierge en ivoire de morse, outils divers, brosses à cheveux, peigne à barbe, etc., etc., etc.

Ce que les autres disent de lui :

Harald : « Si tous les hommes de ce royaume valaient la moitié d’un Ketill, nous serions les maîtres du monde. »

Bjorn : « Avant de connaître Ketill, j’ignorais qu’on pût aimer quelqu’un de tout son cœur et avoir envie – vraiment envie ! – de l’étrangler une fois par jour. »

Extrait choisi :

Ketill est un personnage tellement important qu’il m’a été difficile de choisir un extrait, un seul, parmi tous ceux qui le mettent en scène. Je me suis décidé pour l’épisode où, dans les enfers, il décrit la surface du monde aux infernautes, ces malheureuses créatures qui n’ont jamais vu la lumière du soleil.

Bjorn aux enfers II, la mort du loup, pp. 250-251 :

« Pendant la descente, les infernautes nous posèrent mille questions, heureux qu’ils étaient de trouver des interlocuteurs amicaux – les premiers, en fait, depuis leur naissance antique !

Ils connaissaient de nombreux mots sans en savoir la signification. Cela peu paraître incroyable ; pourtant c’est la pure vérité. « Soleil, fleur, montagne, océan ; été, maison, drakkar... » : ces vocables n’évoquaient rien pour eux. Ketill se chargea, autant que possible, de les éclairer. Usant de phrases simples, cherchant sans cesse la comparaison avec les réalités du monde souterrain, il réussit un véritable tout de force. Les infernautes purent découvrir en pensée ce que leurs yeux, sans doute, ne verront jamais.

Les descriptions de Ketill parvenaient à rendre compte de choses quasiment indescriptibles. Son portrait de l’aube sur la terre (destiné à des gens qui n’avaient vu ni le soleil, ni le ciel, ni la brume !) me fait encore frissonner, quand j’y repense des années après. Les infernautes, béats d’admiration et de reconnaissance, en redemandèrent encore et encore.

Quant à nous, nous écoutions avec recueillement. Ce n’est pas seulement que nous retrouvions, grâce au miracle des mots, les beautés de la surface, depuis longtemps quittées. Non. En vérité, Ketill nous offrit des yeux neufs. Il parvint à nous transporter sur la terre, à nous entraîner dans un merveilleux survol de notre Fizzland. Les montagnes, les forêts, les rivières capricieuses, les villages, la capitale Updala... nous les contemplâmes sans tout à fait les reconnaître, car la poésie de Ketill les avait transformés. Oh ! ce changement était peu de choses ; un léger écart, oui, mais qui faisait tout.

- Tes paroles me réchauffent le coeur, Ketill, dit Sigrid. J'ai envie de croquer la vie comme une pomme. Je peux presque sentir le jus délicieux sur mon menton, le jus de la vie ! J'ai envie de rire, Ketill le Rouge, grâce à toi !

Svartog souriait jusqu’aux oreilles. Je me sentais revigoré, prêt à toutes les aventures. Les enfers me semblaient soudain moins hostiles et moins laids. L’aspect repoussant des infernautes ne me dérangeait plus, tout à coup, ni leur odeur. Je trouvai même à ces créatures un air sympathique, et leur démarche de pantins réussit à m’attendrir.

- Quand tu le veux, Ketill, tu parles d’or. Dans ta bouche, le fizzlandais devient le langage des elfes. Et notre regard s’en trouve à jamais purifié. Quel étonnant pouvoir est le tien, ami !

-  Merci, me répondit Ketill, avec une modestie qui m’impressionna. »

17:39 Écrit par Thomas Lavachery dans Les personnages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |