30/10/2013

Interview par Maxime Keyen

Maxime Keyen, en dernière année de régendat littéraire, a choisi de faire son travail de fin d'études sur l'heroic fantasy et l'utilisation pédagogique des aventures de Bjorn le Morphir. Il m'a interrogé à cette occasion et me permet de reproduire ici notre échange :

M.K. : Si je me souviens bien de l’exposé que vous aviez réalisé à Waremme, vous n’étiez pas un amateur particulier d’ « héroic-fantasy ». Dès lors, que vous a procuré l’écriture de ces romans et l’invention de cet univers ?

T.L. : C’est vrai que je ne suis pas particulièrement fan de fantasy ; j’ai lu Le Seigneur des Anneaux à 16 ans, et j’ai adoré, mais c’était ma seule et unique référence quand j’ai entamé ma série. Si j’ai inventé des histoires où figurent dragons, trolls et autres elfes, c’est pour faire plaisir à mon fils Jean, 14 ans. Il se trouve que l’invention d’un univers fantastique, truffé de créatures et d’événements surnaturels, convient à mon imagination. J’y ai trouvé – et j’y trouve encore – un bonheur que je n’aurais pas soupçonné sans le coup de pouce de mon fiston. Cela dit, je pense que mes livres ne respectent pas vraiment les canons de la fantasy. C’est peut-être pour ça que certains allergiques au genre apprécient Bjorn le Morphir.

M.K. : Voici quelques années déjà que l’« héroic-fantasy » occupe une grande place dans la littérature pour adolescent. Que pensez-vous des nombreuses adaptations cinématographiques qui sont sorties ? Pensez-vous qu’elles peuvent-être une des raisons du succès de cette littérature auprès des jeunes ?

T.L. : Les adaptations prolongent et amplifient des succès qu’elles n’ont pas créés. Le Seigneur des Anneaux, Eragon, Narnia, etc., étaient des best-sellers avant d’être des films à succès (succès d’ailleurs relatifs pour certains des exemples cités). Harry Potter est le meilleur exemple d’une double réussite incontestable, sur le plan commercial, mais ce n’est pas à proprement parler du fantasy.
Pour ce qui est maintenant de la qualité de ces adaptations, elle est fort variable selon moi. Le Seigneur des Anneaux est un cas à part – la plus belle réussite à mon avis. Elle est due, cette réussite, aux circonstances uniques qui ont vu la naissance du projet néo-zélandais. Contrairement à ce qui se passe en général, ce n’est pas un travail de commande, mais une trilogie née de la passion d’un homme, Peter Jackson. Authentique fan de l’œuvre de Tolkien, il a mis toute son énergie et aussi beaucoup de lui-même dans la réalisation de l’énorme entreprise. On peut ne pas aimer le résultat, mais personne n’osera dire que c’est du boulot bâclé ou bassement commercial.

M.K. : Quelles sont, pour vous, les raisons du succès de l’« héroic-fantasy » dans la littérature pour adolescent ?

T.L. : Voilà bien une question difficile. Je pense que l’extrême décalage (qui rebute d’ailleurs certains lecteurs) entre les univers fantasy et la réalité quotidienne, le vrai monde, est une des clés. Pour le reste, je dois avouer ma perplexité. Franchement, je n’ai pas de réponse. Il faut dire que je ne me suis jamais penché sérieusement sur la question…

M.K. : Lors de l’écriture de Bjorn l’« héroic-fantasy » était-il déjà bien ancré auprès des jeunes lecteurs ? Choisir d’entrer dans ce genre était une volonté (commerciale) ou un autre concours de circonstances ?

T.L. : Certainement pas une volonté commerciale. J’y suis venu, comme je l’ai dit, pour répondre aux attentes de mon fils, à qui je racontais énormément d’histoires de mon cru. Entre 8 et 12 ans, il demandait et redemandait du fantastique ; je lui en ai donné. Et le jour où j’ai décidé d’écrire mon premier roman, je suis naturellement allé puiser dans la réserve de récits que je m’étais constituée oralement. Si j’ai choisi l’histoire de Bjorn, c’est parce que c’était ma préférée, et la sienne aussi.

M.K. : De quand, selon vous, date l’émergence de ce genre littéraire ?

T.L. : Le genre est né avec Tolkien, qui en est le père fondateur, non ? Et il y a eu, depuis le sortie du Seigneur des Anneaux, ce que les détracteurs du fantasy pourraient appeler plusieurs pics de pollution ; nous parlerons de moments où, comme aujourd’hui, le succès a été particulièrement fort.

M.K. : Pourquoi avoir choisi des héros (Bjorn et Sigrid) qui, au départ, sont des personnages banals aux caractères peureux et introverti ?

T.L. : J’ai toujours été intéressé, attiré par les personnages de fiction qui évoluent psychologiquement. Et j’aime les surprises, dans ce domaine. L’exemple que je donne toujours est celui de D’Artagnan, que Dumas, dans son dernier cycle, le Vicomte de Bragelonne, nous montre sous un jour inattendu : il est aigri parce qu’il n’a pas connu l’avancement qu’il estimait mériter. Cette évolution – audacieuse de la part de l’auteur – rend le personnage plus authentique. Avec Bjorn et Sigrid, j’ai créé des héros dont l’évolution brusque, spectaculaire, tient plutôt de la métamorphose. Le fantastique me le permettait. Quant à vous dire quel but je poursuivais, la réponse est : aucun. Neuf fois sur dix, je fonctionne instinctivement pour la création de mes personnages. C’est dans le domaine obscur du subconscient qu’un auteur va chercher les éléments constitutifs de ses héros.

M.K. : Je pense savoir que votre passé de documentaliste vous a aidé à créer l’univers propre à Bjorn. Croyez-vous qu’il est nécessaire d’avoir des connaissances historiques pour créer un monde qui à priori est imaginaire ?

T.L. : En écrivant les aventures de Bjorn, je ne respecte pas beaucoup l’Histoire – en fait, je me donne absolument toutes les libertés. Les lecteurs qui s’attendraient à trouver dans mes ouvrages une peinture relativement exacte des anciens Vikings et de leurs coutumes en seraient pour leurs frais. Si j’ai utilisé des noms de pays qui n’existent pas, c’est d’ailleurs pour lever toute ambiguïté. Je me permets des anachronismes, j’emprunte des éléments à d’autres cultures – bref, je fais ce qui me plaît. Je ne voyais pas l’utilité de respecter – ou de tenter de respecter – l’Histoire à la lettre dans un contexte fantastique. Ce qui est vrai, en revanche, c’est que ma formation d’historien de l’art, mes nombreuses lectures de récits anthropologiques, mes voyages en tant que documentariste (Chine, Île de Pâques)… tout cela m’a donné une culture qui est une constante source d’inspiration. Si mon univers possède quelque richesse, quelque épaisseur, c’est en grande partie grâce cette culture-là.

M.K. : J’ai eu l’impression lors de la lecture de vos romans que vous préfériez mettre l’accent sur les actions plutôt que sur les descriptions. Est-ce une démarche personnelle ou une caractéristique du genre ?

T.L. : Les auteurs actuels, surtout ceux qui écrivent des romans d’aventure, décrivent beaucoup moins que leurs aînés. C’est dans l’air du temps. On n’a plus besoin, plus envie des longues descriptions d’autrefois. La plupart des fictions que nous consommons aujourd’hui sont des films ou des téléfilms. Rythme de narration élevé, montage saccadé, beaucoup d’ellipse – ces produits nous ont changé fondamentalement. Les jeunes, en particulier, aiment retrouver ces caractéristiques dans leurs lectures. Je ne pense pas être parmi les auteurs qui décrivent le moins – je m’attarde volontiers sur les descriptions psychologiques, par exemple. Pour ce qui est des portraits physiques et des décors, j’essaye de faire court, mais sans me faire violence, car ce sont précisément les éléments qui peuvent me rebuter en tant que lecteur. Un décor de Jules Vernes (que j’admire) est soporifique, alors que Stendahl (que je vénère) fait exister un paysage d’Italie en dix lignes. J’essaye, à mon modeste niveau, de suivre l’exemple stendahlien. Et je ne pense pas que j’écrirai autrement le jour où je délaisserai le fantastique jeunesse pour explorer d’autres voies.

M.K. : Enfin, si je vous dis : « La fantasy ? Il s’agit d’une histoire d’action et d’aventure qui se déroule dans un monde plus ou moins imaginaire, où la magie a cours et où la science et la technologie modernes n’ont pas encore été découvertes. Le décor peut être la Terre, telle qu’on peut imaginer qu’elle a été il y a des millénaires, ou qu’elle sera dans un lointain futur, ou bien encore une autre dimension. » d’après Sprague de Camp. Pensez-vous que vos romans adhèrent à cette définition ?

T.L. : Oui, oui, cette définition large me semble plutôt bonne. Et, même si je n’aime pas le terme « fantasy », les aventures de Bjorn appartiennent indéniablement au genre littéraire défini par de Camp.

M.K. : Que pensez vous de cette citation de Julien Gracq : « Je n'ai jamais cru à ces catégories qui cloisonnent la littérature, et en particulier à ces catégories du fantastique, de l'étrange, du merveilleux, du lugubre, du singulier... Il y a des quantités de dénominations qui ne correspondent pas à des démarcations réelles. Je crois qu'on tente d'établir des démarcations imaginaires dans un ensemble qui est homogène et où il y a des éclairages différents, des reflets différents. Mais on ne peut pas classer dans des tiroirs distincts une œuvre sous le nom de fantastique, de merveilleux, de féérique... » ?

T.L. : Je dois avouer que je n’ai jamais beaucoup réfléchi à ces catégories du fantastique, pas plus qu’au phénomène de la catégorisation en littérature. Ca ne m’intéresse pas outre mesure. Je dis toujours que j’écris des romans d’aventures. C’est l’appellation qui, de loin, me plaît le plus. Le mot « aventure » est si beau ! Et puis je peux me croire le très modeste héritier des génies du genre, les Melville, Stevenson, Dumas Père, Verne, J.M. Falkner, London…

M.K. : Si on vous demandait de créer une définition de l’ «héroic-fantasy », quelle serait-elle ?

T.L. : Je m’abstiendrais d’en donner une. Je dirais : « Adressez-vous aux spécialistes. »

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Tolkien, le père de la fantasy moderne

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25/10/2013

Dossier J'irai voir les Sioux

 

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Il y a quelques années, je cherchais des sujets de documentaires après mon film sur l’expédition de mon grand-père à l’île de Pâques, l’Homme de Pâques. Je suis allé trouvé mon amie Francina Forment, alors conservatrice de la section Océanie des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. J’espérais qu’elle me donne le nom d’un personnage historique ayant joué un grand rôle en Océanie, un belge ou alors une figure autochtone, sur lequel on aurait suffisamment de renseignements. Il fallait aussi une certaine richesse iconographique. Elle a séché sur ce coup, mais après un moment elle a dit : « Il y a le Père De Smet ».
Ce dernier n’avait rien à voir avec l’Océanie ; c’était un jésuite belge ayant fait carrière aux Etats-Unis – une légende de l’Ouest, me dit Francina en substance. Je me renseignai sur l’homme, et très vite je me rendis compte de son importance. Il avait connu une vie d’aventures, romanesque en diable. Venu en Amérique pour évangéliser les Indiens, il s’était lié à de nombreuses tribus ; son courage, son humour, son honnêteté, son physique (c’était un colosse aux cheveux clairs, aux yeux d’azur, doté d’une voix de baryton impressionnante), tout avait fini par lui conférer un statut à part. Il intervint pour faire signer de nombreux traités de paix, devint l’ami de Sitting Bull, dont il reçut un calumet qui vient – je l’ai appris par hasard – de renter en Belgique pour prendre place dans la vitrine d’une descendante du Père De Smet.
Il y a au moins une ville qui porte son nom aux States, une rivière aussi. Son action mémorable n’était pas sans ambiguïté, puisqu’il poussait les Indiens à déposer les armes, ce dont les colons profitaient immédiatement pour envahir leurs territoires au mépris des traités. Quel sujet ! Quel personnage ! Avec l’appui de mon producteur, Novak Prod (nous travaillons en ce moment à un projet d’adaptation de Bjorn le Morphir), nous avons fait des pieds et des mains pour monter le film, obtenant une aide importante de la Communauté française… mais finalement le projet est tombé à l’eau. Pas. Il faut dire que nous étions ambitieux, envisageant deux tournages aux Etats-Unis (un en été, l’autre en hiver), des reconstitutions…
Depuis lors, je n’ai jamais cessé de penser au Père De Smet, me plongeant de temps à autre dans l’un de ses ouvrages – il écrivait bien, et ses récits de voyages, allègres, pleins de vie et de renseignements ethnographiques, valent le détour. Il serait bon que quelqu’un songe à les rééditer.
Lorsqu’on me proposa d’écrire une nouvelle pour la collection Archimède, à vocation pédagogique – la collection, pas mon texte –, j’ai aussitôt eu l’idée d’utiliser un épisode de la vie du Père De Smet. L’histoire que j’ai écrite s’inspire d’un voyage qu’il a fait en 1839 chez les Sioux Yanktonais, dans le but audacieux de leur demander de cesser leurs raids meurtriers contre les Potowatomies, Indiens auprès desquels il avait été dépêché par ses supérieurs. J’ai repris pas mal de détails, des descriptions, mais bien sûr j’ai changé l’essentiel. Le héros, d’abord, n’est pas un jésuite mais un orphelin de treize ans. Celui-ci, accompagnant un Père jésuite nommé Verboom, va faire quelque chose, accomplir un acte d’héroïsme, qui est pure invention de ma part…

Voici le texte de la 4ème de couverture :

En 1839, les Indiens Potowatomis ont été chassés de leurs terres du Michigan par les Blancs. Ils se retrouvent dans l’Iowa, aux confins du territoire des Sioux. Ces derniers, qui sont parmi les dernières nations libres, leur font la vie dure. Ils surgissent comme l’éclair au milieu des campements potowatomis, tuent et scalpent quelques hommes, avant de repartir en hurlant. Un jour, une délégation de Potowatomis demandent au Père Verboom, un jésuite, de se rendre chez les Sioux pour obtenir la paix. Le religieux accepte et part sans attendre, accompagné d’un garçon dont il est le tuteur : Billy Vos. Après une croisière mouvementée sur le Missouri, les voyageurs s’enfoncent dans les terres vierges. Ils parviennent au camp des Sioux Yanktonais. C’est là, devant les « sauvages » rassemblés, que le jeune Billy va accomplir un geste fou…

En 1839, les Indiens Potowatomis vivent aux confins du territoire des Sioux. Ces derniers leur font la vie dure ; ils surgissent comme l’éclair, tuent et scalpent quelques hommes, avant de repartir en hurlant.
Un jour, une délégation de Potowatomis demande au Père Verboom, un jésuite, de se rendre chez les Sioux pour obtenir la paix. Le religieux accepte et part sans attendre, accompagné d’un garçon dont il est le tuteur : Billy Vos.
Après une croisière mouvementée sur le Missouri, les voyageurs s’enfoncent dans les terres vierges. Ils parviennent au camp des Sioux Yanktonais. C’est là, devant les « sauvages » rassemblés, que le jeune Billy va accomplir un geste fou…

Extrait du livre :

Les cris venaient de partout à la fois. « Les Sioux ! Les Sioux ! », voilà ce qu’on entendait. C’était la même histoire à chaque printemps : les terribles guerriers arrivaient du nord pour tuer.
Je me cachai avec mon ami Deux-Serpents dans un fourré. Une femme et un vieil homme s’y trouvaient déjà. Nous attendîmes tous les quatre, pétrifiés par la peur.
Encore des cris. Des bruits de course, de galopades ; puis, le silence. Les minutes passent sans que personne n’ose bouger. Finalement, je jette un regard à Deux-Serpents, qui hoche la tête de manière entendue. Nous nous apprêtons à sortir, quand un cavalier passe en trombe en poussant des hurlements.
- Il avait un scalp, chuchote Deux-Serpents un peu plus tard.
Je n’avais rien vu ; j’avais le vertige et une envie furieuse de soulager ma vessie.

Des maisons saccagées, des femmes et des enfants errants en silence, l’air hagard… Les hommes, quant à eux, discutaient par petits groupes. L’un brandissait un casse-tête, l’autre, un fusil rouillé ; la plupart restaient les bras ballants, honteux d’avoir eu si peur.
Nous apprîmes de la bouche d’une fillette que deux jeunes hommes avaient été tués et scalpés. Soudain, un groupe s’ébranla, prenant la direction de l’église. Tout le village leur emboîtait le pas, et, bien sûr, Deux-Serpents et moi, nous suivîmes le mouvement.

Je me nomme Billy Vos et, à l’époque de ces événements, au printemps de 1839, j’avais treize ans. Je n’avais jamais connu ma mère ; quant à mon père, trappeur de son état, il m’avait laissé à un jésuite, le Père Verboom, qui se chargeait de mon éducation. Je vivais à Council Bluffs, Iowa, auprès des Indiens Potawatomis.
Le Père Verboom, personnage colossal, doté d’un ventre énorme, dur comme la pierre, s’employait à faire des Potawatomis de bons catholiques. Il n’y parvenait pas vraiment, mais les Indiens l’appréciaient beaucoup. Ils admiraient sa force, son courage, appréciaient son humeur égale et sa franchise. Personnellement, j’aimais le Père Verboom de tout mon cœur.
Nous étions plus de cent à gravir la colline où se dressait l’église, un ancien fort. Le Père Verboom, que les Indiens appelaient Robe-Noire, comme tous les jésuites, accueillit la procession à bras ouverts. Apprenant la mort des deux jeunes hommes, il versa des larmes. Une telle émotivité avait de quoi surprendre chez une personne de sa trempe ; elle faisait partie de son caractère et ne choquait pas les Indiens, qui eux-mêmes n’ont pas honte de pleurer en public.
Le soleil déclinait, je me souviens. C’était l’heure où les grillons se taisent. On disposa des tonneaux vides en cercle, et le Père Verboom s’assit avec plusieurs chefs. L’un deux, appelé Celui-qui-ne-Dort-Pas, s’adressa à lui au nom de tous :
- Depuis que les Blancs nous ont chassés de nos terres de l’Est pour nous forcer à vivre ici, les Sioux nous veulent du mal. Nous sommes sur leur territoire et c’est pour ça qu’ils tuent nos fils. Robe-noire, va leur parler. Dis-leur que nous implorons la paix !
À l’origine, les Potawatomis vivaient dans les régions du Haut-Mississipi et dans le Michigan – loin, bien loin de Council Bluffs.
Le Père Verboom réfléchit un moment. Se rendre chez les Sioux, nation libre et indomptée, il fallait oser. À vrai dire, c’était pure folie.
- J’irai voir les Sioux, annonça le Père Verboom néanmoins.
Il y eu des cris de joie dans l’assistance.
- Je ne pensais pas qu’il accepterait, dit Deux-Serpents à côté de moi.

J’ai réalisé une trentaine d’illustrations pour le livre ; la mise en couleur a été faite à l’aquarelle, avec des touches de gouache. Pour une fois, donc, mon complice Denis Roussel n’est pas intervenu – sauf sur la couverture afin de la rendre plus mystérieuse. Ah, j’oubliais : c’est également lui qui a habillé la carte et l’a mise en couleur. Ce document est, précisons-le, un faux inspiré d’une carte d’époque. Petite anecdote à ce sujet : alors que nous placions les noms de tribus, si poétiques – Cœurs d’Alène, Pends d’Oreilles, Arcs Plats, Chaudières –, Denis se tourne vers moi. « Et si on mettait les Têtes de Nœud, me propose-t-il. Personne ne le verrait. » J’étais tenté, je vous l’assure !…

Pour ceux que le Père De Smet intéresserait, il existe deux biographies à ma connaissance, dégotables uniquement chez les bouquinistes ou sur Amazone, e-Bay, etc.

- R.P. Laveille, Le P. De Smet (1801-1873), H. Dessain Editeur, Liège, 1913.
- John Upton Terrell, Robe-noire, vie de Pierre De Smet, missionnaire, explorateur et pionnier, Wesmael-Charlier, coll. Ici et Ailleurs, Namur/Paris, 1969.

Le texte le plus facilement accessible, excellente introduction à De Smet et lecture jouissive, est un chapitre du livre de Jean Lacouture : Les jésuites, une multibiographie. C’est dans le tome II, je ne peux vous dire à quelles pages, ayant prêté mon exemplaire.

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Le Père De Smet (1801-1873)

Comme c’est la traditions dans la collection Archimède, J’irai voir les Sioux est suivi d’un dossier pédagogique abondamment illustré. Dû à Michel Marbeau, le texte se focalise sur les Sioux, leur histoire, leur mode de vie, leurs chefs les plus célèbres…

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Sitting Bull, le grand chef sioux

 

Lisez l'article de Laurence Bertels dans la Libre Belgique (paru le 30 mai 2011) :

http://www.lalibre.be/culture/livres/article/664041/allon...

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24/10/2013

J'irai voir les Sioux : quelques illustrations du livre

Ci-dessous, une petite série d'illustrations tirée de J'irai voir les Sioux ; le livre en présente très exactement 32, en comptant la couverture, la 4ème de couverture, une carte... La première que je vous livre ici, image d'un ours, a été malheureusement sacrifiée, faute de place. Vous ne la trouverez donc pas dans le bouquin.

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23/10/2013

Vente aux enchères au profit du MUZ

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17/10/2013

Un concours de nouvelles

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L'Université de Saint-Louis (Bruxelles) organise un concours de nouvelles destiné aux 6e secondaires. Le concours est ouvert à tous les établissements scolaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le premier prix est de 400 euros. Le thème de cette année est : "24 heures seulement."

Le jury, composé de professeurs de l'Université de Saint-Louis, est présidé par votre serviteur.

Les textes sont à remettre pour le 17 janvier 2014.

La remise des prix se fera à la Foire du Livre de Bruxelles le vendredi 21 février.

Pour les détails du concours et le règlement, consultez en ligne le site suivant :

http://www.usaintlouis.be/sl/prixlitteraire.html

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LE MUZ !

Le muz, c'est le musée en ligne des œuvres  d'enfants. Il existe depuis 4 ans et a été créé par Claude Ponti. J'ai l'honneur de compter parmi les parrains de cette belle et jeune institution.

Pour en savoir plus :

www.lemuz.org

Facebook : Musee le Muz

Twitter : @le_Muz

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Claude Ponti petit

12:40 Écrit par Thomas Lavachery dans ACTU | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/10/2013

Interview Padouk s'en va

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Une étudiante en cours de librairie (école IFAPME à Liège) m'a récemment posé des questions sur Padou s'en va, deuxième histoire de Jojo de la jungle, pour son travail de fin d'études. Je vous livre ici l'interview en question :

1.Pour vous, après la lecture d'un album sur le deuil, l'enfant peut-il mieux vivre son deuil ? Quel est le rôle principal de cet album d'après vous?

Je pense qu’un album, comme un roman ou un film, peut avoir un impact positif, oui – par exemple en aidant quelqu’un à surmonter une situation difficile. Cela étant, je n’ai pas fait cet album en pensant aux enfants connaissant une situation de deuil. Je ne conçois pas mes albums comme des oeuvres-médicaments ; jamais. De même, je n’écris pas mes romans pour faire passer des messages ou dans le but d’aborder tel thème sensible. Les services qu’ils peuvent rendre, l’aide psychologique qu’ils peuvent éventuellement apporter, me ravissent – mais, encore une fois, je ne travaille pas dans ce but. Divertir, transporter le lecteur dans un univers riche et original, lui offrir des émotions, entre autres esthétiques, voilà mon objectif premier, mon principal souhait.

2.Selon vous, quelles couleurs doivent-être mises en avant dans les albums consacrés à ce sujet.

Vous parlez des coloris ? Si c’est cela, je ne vois qu’il y ait la moindre contrainte. S’il s’agit des couleurs psychologiques, je pense que la liberté doit être de mise, là aussi. Chaque auteur aborde les thèmes qu’il choisit à sa manière, selon sa personnalité, en fonction de sa sensibilité, de ce qu’il a vécu…Aucune règle absolue, selon moi. Dans Padouk s’en va, il y a pas mal d’humour – la preuve que la mort et le sourire peuvent coexister…

3.Pourquoi avez-vous écrit un livre sur ce sujet bien précis?

Je me permets de reprendre la réponse qui figure sur mon blog, et que voici  : « L’idée a pour origine un souvenir personnel. Je suis allé à l’Île de Pâques en 2000, pour faire un documentaire sur l’expédition franco-belge de 1934, dont faisait partie mon grand-père, Henri Lavachery. Dans nos bagages, nous amenions des photographies de 1934, prisent par mon aïeul, son collègue Alfred Métraux ou encore les marins du navire-école belge Mercator. Les Pascuans (habitants de l’île) d’aujourd’hui les contemplèrent avec avidité. Ces images provoquèrent une émotion que, vraiment, je n’avais pas anticipée. Des personnes se découvraient enfant, d’autres se trouvaient face à des parents disparus, aux visages oubliés. Une femme put même contempler pour la première fois l’image de sa mère, morte quand elle était petite. De cet épisode émouvant j’ai tiré le sujet de mon livre, qui traite de la perte du souvenir des morts dans un monde sans photographie. Car c’est ainsi : sans le support de l’image photographique ou picturale, les visions mentales que nous avons de nos disparus s’estompent et finissent par disparaître. Cette deuxième perte est un crêve-cœur, une expérience douloureuse à laquelle mes héros de la jungle sont confrontés… et qu’ils parviennent à surmonter grâce à une idée géniale du singe Jojo. »

4.Avez-vous eu des retours de parents ayant utilisé votre ouvrage?

En deux ou trois occasions, oui. Je me souviens par exemple d’une femme rencontrée à Saint-Germain-les-Arpajon, lors d’un salon du livre, et dont le beau-frère venait de décéder. Elle avait offert Padouk à ses neveux et m’a remercié chaleureusement, avec émotion. Je n’ai pas osé en demander plus, m’enquérir de la manière dont s’était déroulé la lecture…

5.Sur quels critères vous êtes vous basé pour écrire cet album? Qu'est-ce qui est indispensable pour faire un bon soutient pour l'enfant?

Encore une fois, je ne me suis pas préoccupé du soutien à apporter : je voulais seulement raconter une belle histoire. Et comme je traitais un sujet sensible, j’ai essayé de le faire avec délicatesse et pudeur. 

12:03 Écrit par Thomas Lavachery dans Interviews, Mes albums | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |