19/04/2013

Qu'est-ce qu'écrire pour la jeunesse ?

Je répondais assez récemment à la question suivante, classique pour un auteur de ma catégorie : Qu'est-ce qu'écrire pour la jeunesse ? Honte sur moi, je ne sais plus de qui venait la question. Ça me reviendra sûrement... En attendant, voici toujours le texte que j'avais rédigé pour l'occasion :

Je n’écris pas pour la jeunesse mais pour tout le monde à partir de 12 ou 13 ans ; et je suis toujours heureux lorsque les différents membres d’une famille ont lu une ou plusieurs de mes histoires. Adolescent, je partageais des livres avec mes parents ; des discussions s’en suivaient, dont j’ai gardé un merveilleux souvenir.

Le fait que les ados constituent une part prépondérante de mon lectorat m’incite à respecter trois règles évidentes : j’y vais mollo avec la violence, j’évite les scènes de sexe (pas la sensualité), je m’interdis d’employer un vocabulaire trop difficile (ce qui ne m’empêche en rien de soigner ma prose). Je recherche aussi l’efficacité en matière de dramaturgie, mais ce souci-là est plutôt lié au genre littéraire que j’ai choisi  – le roman d’aventures – qu’à l’âge moyen de mes lecteurs.

Que pourrais-je ajouter ? Que je ne me sens pas obligé de donner des leçons, d’instruire, de faire passer des messages. J’ai toujours pensé que le roman est pédagogique par essence, dans la mesure où il élargit considérablement notre expérience.

Je reconnais volontiers que certains auteurs plus « engagés » abordent des thèmes difficiles (maladies graves, inceste, prostitution, enfants soldats) avec brio… Même si je voulais suivre cette voie, je risquerais fort de me fourvoyer. Les rares fois où je m’y suis essayé, le résultat s’est révélé maladroit, rien moins que subtile. Pour autant, mes livres ne sont pas dépourvus de prises de position. Tout le monde a ses idées ; bien souvent, celles d’un romancier surgissent spontanément dans ses pages. Il y a par exemple un épisode où Bjorn le Morphir, mon héros fétiche, critique avec dégoût le principe de la loi du Talion. C’était pour moi une manière à peine déguisée d’attaquer la peine de mort… mais je n’ai pas écrit le roman dans ce but, loin s’en faut. Pour être franc, j’ignorais que j’allais traiter la question en commençant mon chapitre.

Thomas Lavachery

16:57 Écrit par Thomas Lavachery dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.