05/05/2012

Bjorn 7 !

Le septième tome des aventures de Bjorn le Morphir, Les mille bannières, est sorti le 1er juin. Voici la couverture, réalisée, comme il se doit, par Denis Roussel :

Couv.jpg

Le texte de la 4ème de couverture :

Bjorn, un puissant jarlal ? À le voir errer à moitié nu, sans escorte et sans épée, sale et épuisé, on pourrait en douter. Après sa défaite au bois d’Hallorn contre les mercenaires du roi Karl, le morphir a tout perdu. Mais il a retrouvé son frère, Gunnar.
Les deux fils d’Erik ne se sont pas revus depuis trois ans, et pendant tout ce temps la jalousie de Gunnar n’a cessé de grandir. Mais la rivalité est-elle encore de mise quand le Fizzland est aux mains de l’ennemi ? Bjorn le jarlal a besoin d’aide. Il lui faut rejoindre les steppes de l’Est, trouver Tchortchi, un grand chef toundour dont il espère obtenir l’appui. Bjorn et Gunnar ne seront pas trop de deux pour traverser les territoires des Tyburides, des Belles-Personnes, des Gvars, des Zarques… des peuples aux coutumes étranges, aux intentions parfois belliqueuses.
Il leur faudra d’abord s’enfoncer dans la forêt des Bannis, réputée pour ses pièges. Vite, le temps presse ! Cette odeur salée, cette odeur d’algues… Hafkell le mort-vivant est à leurs trousses !

Dans ce livre, je renoue avec les fondamentaux du roman d'aventures : le voyage, la quête, les obstacles qui prennent tantôt la forme d'ennemis, tantôt celle des éléments déchaînés, etc. Le seul personnage qui n'avait pas eu de rôle important, que j'avais en quelque sorte gardé en réserve, y est à l'honneur : Gunnar fils d'Erik, le frère de Bjorn. Ci-dessous Bjorn, Gunnar et leur amie Orbei, figure essentielle du roman, chevauchant le dragon Zigournir.

Zigournir et les voyageurs.jpg

11:31 Écrit par Thomas Lavachery dans ACTU | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/05/2012

Bjorn 7, le premier chapitre !

Voici pour vous le premier chapitre des Mille bannières, tome 7 des aventures du morphir (sorti le 1er juin 2012) :

1

GUNNAR

Mon frère Gunnar m’en voulait à mort d’être parti sans lui aux enfers. Il se trompait sur ma motivation, pensant que je l’avais laissé en arrière afin de retirer pour moi seul la gloire qui découlerait de la mission. Mon souci avait été bien différent : j’avais voulu le préserver. Descendre au fond de la terre pour arracher le prince Sven à Mamafidjar, reine des enfers, c’était là une pure folie. Franchement, qui aurait pu croire que je m’en tirerais vivant ?
Mon départ avait plongé Gunnar dans une rage sombre. Il avait frappé les murs, brisé des objets qui lui étaient chers. Et puis il s’était calmé. Les mois passaient et, même s’il demeurait maussade, il remplissait son rôle à la ferme de Havërr, s’occupant des bêtes, coupant du bois… Il se levait tôt et se couchait tard, pris d’une frénésie d’activités.
À l’époque, personne, hormis le roi, ne savait où je me trouvais. Gunnar, qui ne prononçait jamais mon nom, imaginait toutes sortes de destinations, cherchant à deviner quelle mission Harald avait bien pu me confier. Il m’a avoué plus tard que, dans le secret de son cœur, il espérait que j’échoue. Sa jalousie était telle qu’il eût préféré ma mort à un succès retentissant.
Vers la fin de l’année 1067, quelques semaines seulement avant mon retour, il fit un rêve dans lequel il me vit couvert de gloire. Reçu à Updala en grande pompe, j’étais fêté par le royaume entier. Le roi m’offrait une épée sans prix et me nommait chef de la horde à quinze ans. Gunnar se réveilla en sueur ; il quitta son lit, vola une grosse somme d’argent dans la cachette familiale, sella Finn, mon cheval, et partit à la faveur de la nuit.
Mon frère prit la route de l’ouest. Commença alors une vie de débauche où la joie n’avait aucune part. Il resta quinze jours à Lidarendi, dans un bouge, à boire de l’hydromel avec des laissés pour compte. Il dormait assis, devant une corne à boire, ne se levant que pour prendre part aux bagarres de poivrots. Il ne se lavait plus. Bientôt, l’idée lui vint de se rendre au Ghizmark. Partout où il passait, les gens remettaient les bâtiments en état pour affronter l’hiver. Il les regardait d’un œil morne. Lui n’avait plus de maison, plus de famille : il était devenu un vagabond.
Il n’alla pas bien loin dans le pays de Hakon II, s’arrêtant à Snaffol, petite ville frontalière connue pour son eau-de-vie parfumée. Il s’installa à demeure dans une auberge borgne fréquentée par des brigands et des filles de joie. Il se mit à fumer, à jouer aux dés. Gunnar éclusait un litre d’eau-de-vie par jour et son cerveau s’en trouvait brouillé du soir au matin, du matin au soir. C’est miracle qu’il ne se fit pas dépouiller. Je gage que son air farouche et ses manières brusques, agressives, faisaient peur.
- Et comme il m’arrivait de sortir dans la nuit pour injurier le ciel, certains me prenaient pour un loup-garou, me raconta-t-il plus tard.
Un homme hirsute, un vendeur de peaux, entra un jour dans l’auberge. Il arrivait du Fizzland et apprit à mon frère que Bjorn le Morphir était remonté des enfers avec le prince Sven, héritier du trône. Gunnar sut que j’avais reçu le pandangorgh, collier prestigieux, des mains de Harald, ainsi qu’une ferme à Sigluvik et une maison dans la capitale. Le royaume chantait mes louanges ; un avenir glorieux m’attendait au service du roi. On parlait de mon entrée dans la horde. Gunnar eut l’impression qu’on lui enfonçait un couteau en plein cœur.
Il se leva soudain, renversant chaise et table, et courut à l’écurie. Il enfourcha Finn sans prendre la peine de le seller. Il chevaucha sans but, des heures durant, avant que l’idée de retourner dans la Ranga, sur les lieux de son enfance, n’émerge dans son esprit. N’était-ce pas là qu’il avait été le plus heureux ?
Il gagna notre vallée d’une seule traite. Deux jours et une nuit de voyage sans pratiquement démonter, sinon pour boire en vitesse l’eau d’un ruisseau. Arrivé à l’emplacement de notre ancienne maison, il s’écroula.
Le lendemain, Finn avait disparu. Gunnar ne s’en soucia guère : il n’avait plus besoin de cheval. Il construisit sa petite cabane de bric et de broc avec l’idée de s’installer là pour toujours.
Il se nourrissait de crabes et de poissons de vase, et quand il n’en trouvait pas, il broutait l’herbe comme un mouton. Prostré devant un feu moribond, Gunnar fils d’Éric ressassait son amertume.
Sa haine à mon égard, entretenue avec soin par son cerveau hanté, n’avait fait que croître durant ces semaines de solitude. Lorsqu’il se retrouva face à moi, en ce vingt-neuvième jour du mois de mai 1068, il mit quelques instants à me reconnaître. Il eut un haut-le-corps, avant de se jeter sur moi en poussant un grognement. Il me frappa au visage. Projeté en arrière, je me retrouvai par terre, étalé de tout mon long. Gunnar s’installa à califourchon sur mon ventre et commença à me rouer de coups.
Je me protégeais mal, épuisé que j’étais. Mon frère finit par se rendre compte de ma passivité, car il suspendit ses mouvements. Son bras, telle une masse d’armes, tremblait à quelques pouces de mon nez.
- Qu’est-ce que tu as, morphir ? dit-il d’une voix rauque, pleine de mépris. Tu ne te défends pas ?
- Je suis fatigué.
Il se leva, et je pus respirer librement.
Je me redressai, le visage en sang. Gunnar m’observait avec suspicion, pensant que ma faiblesse était peut-être jouée.
- Tu m’as trahi ! rugit-t-il.
Wulf, mon chat des enfers, m’accompagnait ; il poussa une petite plainte.
- Tu avais promis ! Ta parole ne vaut rien. Je te méprise et je te hais pour toujours, Bjorn. Tu n’es plus mon frère !
Il est bien vrai que je lui avais juré de l’emmener avec moi dans ma mission. Mais ce serment, il me l’avait extorqué – je n’avais jamais eu l’intention de tenir parole.
- Il y a eu la guerre, dis-je. Es-tu au courant ?
Interloqué, il resta muet.
- Le roi Karl du Skudland a envahi nos terres, poursuivis-je. Il s’est allié aux Vorages et…
- Est-ce possible ?
- Les combats ont été terribles. Nous avons perdu des milliers d’hommes. Père… notre père…
Les mots me manquèrent. Gunnar attendait, figé, la terreur se peignant sur sa figure.
- Il est mort au champ d’honneur, annonçai-je alors. C’était il y a trois jours, sur la frontière skudlandaise. Une flèche vorage l’a… Il n’a pas souffert.
Gunnar recula.
- Non… Non !
Mon frère tomba à genoux ; il éclata en sanglots. De grosses larmes coulèrent sur ses joues crasseuses, y creusant deux sillons clairs.
Il pleurait, pleurait sans pouvoir s’arrêter, tel un enfant. Soudain, il me lança un regard désespéré, un appel ; je me précipitai pour l’entourer de mes bras.

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01/05/2012

Bjorn 7, la carte

Le tome 7, Les mille bannières, relate le périple de Bjorn vers les lointaines régions de l'Est, habitées par les Gols. J'ai dessiné une carte avant même d'écrire la première ligne du roman, comme je le fais souvent. La voici mise au net et agrémentée de dessins. Dans le livre, elle figure en noir et blanc, alors qu'ici je vous la propose en couleur :

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12:06 Écrit par Thomas Lavachery dans Cartes du Fizzland | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |