09/07/2014

Ode à Patrick O’Brian

Image du bonheur :

Une petite maison battue par les vents, sur une côte sauvage. Par la fenêtre, à travers la brume mouvante, j’aperçois l’horizon marin. Je suis assis dans un bon et loyal fauteuil, au coin du feu, un chat sur les genoux. Un cigare éteint, canon endormi, repose sur une tablette en bois, à côté d’un verre de porto vieux. Conscient de cet environnement parfait, je suis néanmoins très loin de là, au large de Sydney, de Poulo Prabang, de Tristant Da Cuna…  J’arpente les rues de Capetown, de Rio ou de Port Mahon en compagnie de mes amis Jack Aubrey et Stephen Maturin (mes « amis », quelle prétention !). Je suis plongé dans un roman de Patrick O’Brian.

J’ai découvert O’Brian il y a de cela cinq ou six ans. Sa série maritime, Les Aventures de Jack Aubrey (20 volumes), est devenue pour moi comme une seconde vie, vers laquelle je retourne régulièrement. Je n’ai jamais montré d’assiduité pour quelque vice que ce soit. Je fume peu, j’ai à peine touché au haschich, je ne bois qu’à l’occasion, toujours en compagnie et sans excès… La lecture de O’Brian aura été ma seule drogue durable. Je n’imagine plus l’existence sans ses livres. Si une malédiction effaçait l’œuvre bénie de la surface terrestre, je me retrouverais orphelin, et mon équilibre intime pourrait en être menacé, parole ! Jack, Stephen, Diana, Sophie, Killick, Bonden, Sir Joseph Blane et les autres sont aujourd’hui dans mes pensées journalières, placés sur le même plan, à peu de chose près, que mes meilleurs amis de chair et de sang.
Il est des auteurs que j’admire plus que Patrick O’Brian, génies supérieurs que l’objectivité me fait placer à des hauteurs inatteignables, même par lui. Cependant, il est et restera mon préféré – l’inventeur de la nourriture romanesque la mieux adaptée à mon cœur et à mon âme.
Je sais partager ma passion avec beaucoup d’hommes et de femmes de par le monde, et, parmi eux, Keith Richards. Cette proximité dans l’admiration avec le plus grand des Stones me ravit positivement.
J’ai dévoré deux fois et demie toute la série, une fois seulement dans l’ordre. Aujourd’hui, lorsque j’ai terminé un volume, je passe à autre chose. Je lis quatre, cinq… dix bouquins, avant que l’envie, le besoin lancinant ne se manifeste à nouveau. Une chaleur sourde irradie de mon plexus solaire ; je sais alors que je reprendrai bientôt du service sur le HMS Surprise.

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Patrick O'Brian (1914-2000)

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Les aventures de Jack Aubrey, le volume 2 de l'intégrale parue chez Omnibus

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O'Brian par David Levine

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Russel Crowe dans Master and Commander, très belle adaptation due à Peter Weir

 

10:19 Écrit par Thomas Lavachery dans Mes lectures | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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