24/09/2010

Questions de Jocelyn sur l'adaptation BD, tome 2

Bonjour Thomas Lavachery, c'est Jocelyn. C'était pour vous dire que j'ai lus Bjorn le morphir 2 (BD), et j'suis content de cette adaptation parce que faire rentrer le premier tome et une partie du second n'a pas dut être chose facile. Même si je trouve dommage que le passage où Bjorn demande à Svartog d’être son ami pour la vie par la lettre de sentence, au lieu de le condamner. Pour moi cet extrait ma semblé très important en ce qui concerne leur amitié. Il faut dire que j'adore ce moment. Sinon, super! Et j'ai une petite question, il a était absent à la porte des Enfers mais où est passé grand-père Sigur?

Bye. Jocelyn Leho 14 ans, Le Mans.

Hello Jocelyn,

Je suis ravi que tu apprécies la deuxième tome des aventures de Bjorn en BD. Le passage avec Svartog sur la Terrasse des combattants a été raccourci, c'est vrai, et le grand-père Sigur a été supprimé pour l'instant - il apparaîtra plus tard dans la BD. C'est toujours la même chose, le même problème : il faut raccourcir quand on adapte un roman. Et les choix sont difficiles, crois-moi ! On supprime tel épisode, tel personnage parce qu'il est impossible de tout mettre. Alors, bien sûr, les lecteurs de l'œuvre originale ne sont pas toujours heureux. Il regrettent l'un ou l'autre de leurs moments préférés, comme toi, mais c'est le jeu. Moi aussi, quand je vais voir un film tiré d'un roman que j'ai aimé, j'ai des regrets - quand ce n'est pas pire que cela. Enfin, l'important c'est que tu sois content dans l'ensemble !

Je te serre la main.

Thomas



15:03 Écrit par Thomas Lavachery dans Questions des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les poèmes bjorniens

Question de Andy concernant les poèmes et chansons figurant dans la saga :

Bonjour monsieur Lavachery, ça serait pour une question à propos de Bjorn le morphir. J'aime beaucoup les poèmes et les chansons qui figurent dans la plupart des volumes. Est-ce vous qui les inventez, ou est-ce tiré de la réalité? En tout cas, j'aime beaucoup les poèmes de Ketill Le Rouge et des autres.

Bien cordialement.

Bonjour,

Merci pour ton message. Je suis très heureux que tu apprécies les poèmes bjorniens. C’est moi qui les compose et j’y trouve toujours un réel plaisir. Je ne m’inspire en rien de la poésie nordique, ou scaldique, qui est très belle mais très complexe, hermétique. Mes sources d’inspirations sont donc ailleurs : ce sont mes poètes préférés du XXe siècle. Un exemple. Tu te souviens du poème de Ketill en l’honneur de Dar, dans les enfers I :

Quel montagnard en montagne !/Quel cavalier en campagne !/Quel capitaine à la tête/De l’armée des conquêtes…

Eh bien je me suis inspiré pour l’écrire du Chant funèbre à Ignacio Sánchez Mejías, de Federico Garcia Lorca, mon poète préféré. C’est un long texte écrit après la mort de Sánchez Mejías, ami du poète, tué dans une corrida à Manzanaès en 1934.

Toutes mes amitiés !

Thomas

10:19 Écrit par Thomas Lavachery dans Questions des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/09/2010

Question de Cyrielle sur les pouvoirs de Hughinn et de Daphnir

Hughinn.jpg

Bonjour monsieur Lavachery c'est Cyrielle.
Voila hier je me suis posée 1 autre question enfin plutot 2
La première c'est celle-ci: pourquoi Hughinn le corbeau sais parler? Car je pensait qu'il n'y avait que les dragons noir qui en était capable.
Et la deuxième: comment Daphnir fait-il pour "dresser" ainsi les autres dragons? D'accord c'est un noir mais je ne voit pas vraiment comment il fait.
J'espère que vous pourrez me répondre
Amicalement
Cyrielle E.

Hello Cyrielle,

J'avais bien reçu ton message mais je n'ai pas pu te répondre tout de suite. Hughinn est un animal extraordinaire, surnaturel, qui parle - c'est ainsi, il n'y a pas d'explication. Lui et Daphnir sont les deux seuls animaux parlants qui vivent à l'époque de Bjorn, ce qui va d'ailleurs les rapprocher, comme tu as pu le voir dans le Jarlal.

S'agissant du pouvoir de Daphnir sur les autres dragons, c'est de l'ordre de l'instinct. Le dragon noir est les dragon suprême, en quelque sorte, celui qui a le plus de pouvoirs. Les autres sentent sa supériorité et sont troublés par sa présence. Et s'il pousse sa curieuse mélopée - voir l'épisode des enfers IV, face à Rooknir -, ils sont subjugués et se soumettent à lui.

J'espère que ces réponses te satisferont. Quoi qu'il en soit, dans un récit fantastique, tout ne s'explique pas - ce qui ne veut pas dire que l'auteur ne veille pas à conserver sans cesse une forme de logique.

Amitiés !

Thomas

10:33 Écrit par Thomas Lavachery dans Questions des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Question de Jocelyn sur les parents de Daphnir

Bonjour Thomas Lavachery, plusieurs fois dans les aventures de Bjorn vous soulignez le fait que les parents de Daphnir sont inconnus, est-il prévu un changement de se coté? Jocelyn Leho 14ans, Le Mans.

Bien cordialement,

Hello Jocelyn,

Non, je ne prévois aucune révélation concernant les parents de Daphnir. On ne saura jamais qui ils sont. Seule chose à dire, mais qui est déjà évoquée dans les livres (je ne sais plus où), c'est que l'œuf d'où Daphnir est sorti était vraisemblablement très ancien. Et l'éclosion de Daphnir après des années et des années passées dans sa coquille, au fond de l'eau qui plus est, constitue un miracle...

Je te serre la main.

Thomas

10:16 Écrit par Thomas Lavachery dans Questions des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/09/2010

Question de Cyrielle sur Snorri

Cyrielle m'a récemment interrogé sur le destin de Snorri le Morphir : elle voulait savoir comment il est mort. Voici ma réponse :

Hello Cyrielle,

C'est vrai que je n'ai encore jamais dit comment était mort Snorri. Alors pour toi, voici les faits : Snorri le Morphir est mort en 1006, sous le règne de Erik le Noir (père de Harald), lors d'une expédition de pillage sur les côtes saxonnes. Il a reçu une flèche dans le cou...

Amitiés.

Thomas

11:40 Écrit par Thomas Lavachery dans Questions des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Question de Jocelyn sur l'adaptation BD

Bonjour Thomas Lavachery, c'est Jocelyn. Vous vous rappeliez un jour je vous avais posée une question sur l'adaptation du roman en bande-dessiné. Sur le fait que des personnages manquaient. J'ai une autre question maintenant. Puisque Bjorn aux enfers tome 1 en bd va sortir l'année prochaine. Je suppose que Bjorn aux armées suivra les enfers et voilà ma question. Inge été absente dans Bjorn le morphir version Bande dessiné mais dans le roman des armées son personnage est plus présent, (pas autant que les autres personnages mais elle prend plus d'espace dans l'histoire). Alors je me demande si elle sera là dans la version Bande dessiné et comment va t'elle s'incrusté dans l'histoire ? Bye bye.

Bien cordialement,

Jocelyn

Hello Jocelyn,

Ingë est dans la BD ; c'est Lala qui est absente. Et je ne pense pas que ce sera un problème de faire entrer la sœur de Sigrid (qui pouvait être dans l'Aggafjord pendant les événements relatés dans le tome 1 de la BD) dans l'adaptation des Armées. Cela dit, rien n'est sûr en ce qui concerne cette dernière adaptation : l'accord avec Casterman, l'éditeur, ne porte pour l'instant que sur Bjorn le Morphir et les enfers...

Toutes mes amitiés !

Thomas
 

 

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20/09/2010

Une question de Nathan

Voici une question de Nathan, qui remonte à quelque temps déjà, et ma réponse pour suivre :

Cher Thomas,

En relisant le tome 4 de Bjorn aux enfers, la reine bleue, il m'est venu une idée.
Le balafré, un detenu, rend un culte a Bjorn. Or, à sa mort, une personne est jugée par le dieu qu'elle a le plus vénéré au cours de sa vie. Serait-il possible que Bjorn ait un jour la charge de juger le balafré après sa mort en tant que dieu ?

Hello Nathan,

Je t'avoue que je n'avais pas pensé aussi loin. Ton idée prouve que tu es un lecteur extrêmement fin et attentif. Cela dit, pour moi, Bjorn n'est pas un dieu, même s'il a des pouvoirs qu'on pourrait qualifier de divins. A priori, je ne pense pas l'installer un jour dans le rôle de Juge suprême...

Je t'adresse mes chaleureuses amitiés.

Thomas

17:36 Écrit par Thomas Lavachery dans Questions des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Une question de Cyrielle

Cyrielle, 14 ans, vient de terminer Bjorn aux armées I. Et elle me demande pourquoi je n'ai encore jamais parlé de la famille de Svartog. Voici la réponse que je lui ai faite :

Bonjour Cyrielle,

Merci pour ton message, qui me fait chaud au cœur !

S'agissant de Svartog, c'est vrai qu'on ne parle jamais de sa famille. Le seul personnage mentionné, en maintes occasions, est Paderbok, son grand-père voyageur, hirogwar célèbre. En fait, les parents de notre Longs-Bras sont morts quand il était petit et il est enfant unique. Il était donc très seul, affectivement parlant, avant de rencontrer Bjorn, Sigrid et Ketill...

Peut-être un jour évoquerai-je l'enfance de Svartog, son enfance d'orphelin. Je te remercie de m'y faire penser car je trouve que ce serait une très bonne idée.

Toutes mes amitiés.

T.L.

 

17:22 Écrit par Thomas Lavachery dans Questions des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/09/2010

Une question de Jocelyn

J'inaugure cette nouvelle rubrique avec une question de Jocelyn, du Mans, concernant l'adptation en bande dessinée de Bjorn le Morphir :

Bonjour Thomas Lavachery,

J'ai une question qui trottine dans ma tête depuis longtemps. Pourquoi Lala la sœur de Sigrid et Helga fille de ghizur ne sont pas apparent dans la bd de Bjorn le morphir
J’espère que tout va bien du coté de Bruxelles. Car quand je vois au info tout ce qui se passe en belgique, je peux pas m'enpeché de penser a vous.

Jocelyn 14 ans; Le mans.

Hello Jocelyn,

Quand on adapte un livre en BD ou pour le cinéma, on est obligé de sacrifier pas mal de choses, simplement pour des raisons de place. On laisse tomber des scènes, des épisodes - parfois tout un pan du récit, et c'est normal, parce que c'est impossible de tout faire entrer dans 60 planches ou 90 minutes de film. Il arrive aussi qu'on décide d'abandonner un personnage, ou plusieurs, pour les mêmes raisons. Quand Thomas Gilbert m'a demandé si j'étais d'accord qu'il supprime Lala, arguant du fait qu'elle servait assez peu l'action, j'ai tout de suite accepté - idem pour Helga. Ce qui n'est pas acceptable, c'est qu'un scénariste change l'histoire, en détourne le sens, rajoute des choses qui ne sont pas dans l'esprit du livre... Là, on peut parler de trahison.
J'ajoute ceci, car je ne voudrais pas que tu imagines qu'adapter un roman consiste uniquement à résumer, à trancher dans le récit. Il s'agit surtout de réécrire l'histoire afin exploiter au maximum les possibilités offertes par la bande dessinée. Au début du premier album, par exemple, Thomas a décidé de donner à la neige une forme vaguement humaine. C'était intéressant visuellement, et je cautionne son approche. Mais je ne regrette en rien l'option que j'avais prise dans mon texte, et qui consistait à éviter tout anthropomorphisme. Autre exemple : le duel entre Dar et Bjorn. Thomas lui a donné une importance beaucoup plus grande, en terme de place, que je ne lui en accordais dans le roman. C'est son instinct d'homme de l'image qui a parlé, et je pense une fois de plus qu'il a eu raison. Dernier exemple : Sigrid a les cheveux roux dans la BD, et non blonds comme dans le roman. Thomas a fait ce choix afin de la singulariser et de la faire ressortir à l'image. De surcroit le roux symbolise parfaitement son tempérament de feu. Quelques lecteurs ont critiqué ce changement, pensant que c'était une "erreur", mais ce n'est pas ça du tout. Pour moi, c'est même tout le contraire : une bonne idée !
J'espère que ma réponse pourra t'éclairer. Je comprendrais, car c'est ton droit, que tu ne sois pas d'accord avec les choix que nous avons faits...

Toutes mes amitiés.

Thomas

11:06 Écrit par Thomas Lavachery dans Questions des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Une nouvelle question de Jocelyn

Bonjour Thomas Lavachery,

J'ai regardé votre entretien vidéo sur l'école des loisirs. Vous avez parlé d'un troisième cycle des aventures de Bjorn (Bjorn en terre surprise, je crois). Avez-vous déjà imaginé, penser ou meme écrit ce que cette nouvelle aventure racontrait? Et peut on dire que Bjorn en terre surprise sera la suite de Bjorn aux armées? Si oui, je suis très heureux de l’apprendre.

A la prochaine Jocelyn 14 ans, Le Mans.


Bonjour Jocelyn,

Je viens de t'envoyer un message vide, désolé.
Je réponds maintenant à ta question. L'interview que tu as vu remonte à quelques années, et j'avais, à l'époque, l'idée d'écrire un troisième cycle une fois que celui des Armées serait terminé. Je voulais envoyer Bjorn en Amérique, dans une Amérique à ma sauce, si je puis dire, que j'avais appelée Terre-Surprise. L'idée était la suivante : Snorri le Morphir est allé en Terre-Surprise autrefois, accompagné de sa femme Gurdun. Celle-ci est morte là-bas et il a commis l'erreur de l'enterrer sur place. Pourquoi est-ce une erreur : parce du coup l'âme de Gurdun se retrouve dans les enfers de l'Ouest et non dans ceux du Nord. Snorri est donc privé de sa chère et tendre aux enfers et il se languit d'elle. Or il suffirait de ramener les ossements de Gudrun au pays pour que son âme soit transférée au royaume de Mamafidjar. Dans l'histoire que j'avais imaginée, Snorri charge Bjorn de cette périlleuse mission. Et notre morphir, accompagné de Sigrid et de Ketill le Rouge (et aussi de Gunnar, je pense), traverse l'Océan pour retrouver la tombe de dame Gudrun. Voilà. Seulement je ne suis plus certain d'avoir envie d'écrire cette aventure. Si je le fais, ce ne sera en tous cas pas dans la foulée des Armées, car j'ai d'autres projets, d'autres envies qui me taraudent.

Toutes mes amitiés, cher Jocelyn.

Thomas

PS: tes questions sont toujours intéressantes alors je me permets de mettre la dernière, avec ma réponse, sur mon blog.

 

10:39 Écrit par Thomas Lavachery dans Questions des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/09/2010

Deux dessins de lecteurs

Lors de mon dernier passage à Evreux, dans le cadre du Prix des dévoreurs, j'ai rencontré un enseignante, Linda, qui m'a ensuite envoyé le dessin d'un de ses élèves : ABDALILLAH. Ce dessin est inspiré de "Deux pouces & demi", mon roman alchimique. On y voit la maison d'Emmanuel Denef ainsi qu'un personnage, l'homoncule Gilles, je présume, qui porte une sorte de laboratoire à l'intérieur de lui. Une idée originale qui m'a aussitôt fait penser à un autre dessin, que je conserve depuis des années, un portrait de Bjorn le Morphir. Je l'appelle le "Bjorn aux drakkars", parce que des navires sont représentés sur son visage et ses vêtements. Je ne sais plus qui en est l'auteur ni de quelle ville de Belgique, de France ou de Navarre je l'ai ramené. Quoi qu'il en soit, les deux dessins ont une parenté amusante et je les aime beaucoup tous les deux.

2POUCES_ABDELILLAH1[1].jpg

Bjorn-aux-drakkars.jpg

11:44 Écrit par Thomas Lavachery dans Oeuvres des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/09/2010

Le Morphir illustré bientôt disponible!

L'édition illustrée de Bjorn le Morphir, premier tome de la saga, sera disponisble plus tôt que prévu. Je ne connais pas la date exacte, mais c'est vraiment imminent. Le livre contiendra une carte, une petite quarantaine de dessins ; il aura de surcroît une nouvelle couverture que voici, signée - comme il se doit - Denis Roussel :Bjorn3[1].jpgJe vous livre également l'une des illustrations du livre (voir d'autres exemples dans la rubrique "Le Morphir illustré"). Pour ceux qui ne l'auraient pas deviné, le dessin montre l'arrivée de Bjorn et des siens dans la grotte aux saumons terresstres :

Arrivée-dans-la-grotte.jpg

12:05 Écrit par Thomas Lavachery dans ACTU | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/09/2010

Bjorn aux armées I est sorti !

LavacheryBjornArmees1[2].jpg

Bjorn aux armées I, le jarlal est dans les librairies. C'est le sixième tome de la saga et il compte 335 pages. En début d'ouvrage figure une carte du Fizzland et des pays environnants (voir rubrique "Cartes du Fizzland"). Je vous livre ici le texte figurant sur la quatrième de couverture :

L’agresseur portait un masque de la Saint-Magnus, une figure de diable, et un chapeau à cornes. Tandis qu’il poignardait Harald Ier, il riait à gorge déployée.
Un démon, pour sûr ! Après ce terrible attentat, le vieux roi viking est au plus mal et fait appeler le morphir à son chevet. À peine Bjorn a-t-il eu le temps de profiter de l’affection des siens, de sa gloire toute neuve et des cadeaux offerts par Harald Ier après son expédition victorieuse aux enfers, que le voilà reparti. Sans attendre, il galope à bride abattue vers la capitale avec, à ses côtés, son ami le demitroll Dizir.
Sur la route, les nouvelles sont préoccupantes.
Des troupes ennemies se massent aux frontières et les royaumes voisins s’apprêtent à envahir le Fizzland.
La guerre est imminente. Harald Ier doit se hâter de désigner un jarlal, un guerrier plein d’expérience qui le remplacera à la tête des armées. Ghizur-Loup-Blanc et Bardi le Borgne paraissent les meilleurs candidats au poste suprême. Pour Bjorn, cela ne fait aucun doute…
Et si le morphir se trompait ?

Voici maintenant un chapitre du livre ; pas le premier, car je vous l'ai déjà donné à lire, si je ne m'abuse. 

35

 

Le choc des armées

 

Entre nous et l’armée ghizoise, toujours immobile, les Saxons et nos cavaliers finissaient de s’entre-tuer. Les corps des morts et des blessés, les chevaux sans cavaliers et les derniers guerriers actifs constituaient un obstacle sur notre chemin. Notre avance en fut retardée, cela pendant que les pierres pleuvaient sur nous comme les projections d’un volcan furieux. Il faut normalement de longues minutes, la moitié d’une heure, pour recharger une catapulte. Comment ces géants de bois pouvaient-ils tirer à ce rythme ?

-          Jamais vu ça ! cria Jaglavok. Où ont-ils trouvé de tels engins ? 

Il était nécessaire de progresser à tout prix.

-          Hoogh ! hoogh !

Krorr accéléra encore son allure ; je sentis le vent fouetter mon visage. Les guerriers au sol, Saxons et Fizzlandais confondus, foulés aux pattes du dragon royal, poussaient parfois des cris déchirants. Leur souffrance me fendait le cœur, mais je ne pouvais pas demander à Krorr, ni à personne, de les enjamber – nous n’avions simplement pas le temps pour ce genre de précaution. Notre armée passa sur eux sans pitié, chacun d’entre nous faisant taire l’horreur qu’il ressentait à écraser ainsi son prochain.

-          Hoog ! hoogh ! hoogh !

Sur ma gauche, Gaefa quitta soudain le sol ; elle s’envolait ! Dizir me cria quelque chose, mais ses mots se perdirent. Nous vîmes l’énorme masse s’élever dans les airs avec aisance.

Je n’eus guère le loisir de songer plus longtemps au départ de Dizir, car les choses se précisaient. Enfin nous nous trouvions devant l’alignement serré de nos adversaires. Plus que cent pas et ce serait le choc tant désiré, tant redouté. Instinctivement, Krorr ralentit quelque peu son allure.

Je regardai la ligne adverse, étincelante, aussi figée qu’un mur. Avec leurs heaumes et leurs armures intégrales, les Ghizois me rappelèrent les enfants de Walkyr, l’armée de fer sortie de la Mer des Narvals.

-          Qadvaa, dis-je à Krorr, afin qu’il prépare son feu.

Cinquante pas… Quarante pas… Les flèches ennemies se mirent à tomber dru. À ma droite, un peu en retrait, Njall poussait son destrier en hurlant. Il reçut un trait dans la cuisse, mais continua à charger comme si de rien n’était.

Vingt pas… Dix pas !…

-          Taïaut ! lança Jaglavok. Mort à l’ennemi !

-          Vah ! ordonnai-je. VAH !

Et Krorr, tout en galopant, cracha son feu.

J’avais rengainé Tyrfing, qui ne me serait d’aucune utilité : l’arme d’un conducteur de dragon, c’est la bête qui le porte, ses griffes, sa mâchoire, sa queue à piques, son feu.

La flamme de Krorr frappa une vingtaine de guerriers, qui brûlèrent comme des torches. Nous nous engouffrâmes dans la brèche ainsi causée.

Derrière moi, Jaglavok tirait comme un fou. Je n’avais jamais vu quelqu’un recharger une arbalète avec une telle célérité. Malheureusement, ses traits se brisaient sur les hommes de Hakon, casqués, couverts d’écailles.

-          Hirdoun ! pestait le demi-hirogwar.

Pour moi, ces premiers instants furent grisants ; je manœuvrais Krorr à la voix, et lui m'obéissait parfaitement. Tandis que ses entrailles refaisaient du feu, opération qui demande plusieurs minutes, il assénait de terribles coups de pattes.

-          Hirdoun ! répéta Jaglavok, qui jeta son arbalète avec rage. Ces armures sont diaboliques !

Plusieurs boucliers étaient accrochés à la selle-siège. Jaglavok en décrocha un, puis un second ; et c’est avec un bouclier à chaque bras qu’il poursuivit la bataille. Son habileté à dévier flèches et javelines lancées à toute volée me sauva la vie à maintes reprises, je peux l’affirmer !

Notre armée fit d’abord reculer l’ennemi. Mais cet élan ne tarda pas à être brisé comme les vagues sur une côte rocheuse. Parmi les nôtres, un homme sur trois portait une cotte de mailles ; les autres n’avaient que leurs vêtements matelassés et leurs boucliers. Alors qu’ils étaient eux-mêmes vulnérables, ils devaient frapper à toute force, et recommencer encore et encore, pour espérer entamer l’armure de leurs opposants.

Il serait pourtant déshonnête d’écrire ici que l’efficacité de nos ennemis tenait uniquement à leurs protections avantageuses. Ils se battaient bien, avec une étrange harmonie – un peu comme si un seul cerveau avait commandé tous leurs mouvements.

Les Ghizois frappaient sans crier, et lorsqu’ils tombaient, ils le faisaient en silence. Ce mutisme inhumain ne laissait pas de me troubler, je l’avoue.

Krorr lâcha sa deuxième flamme – « froufffff ! » – sans cesser de jouer de la queue et des pattes. Il creusait son large sillon dans les rangs ennemis. Sa merveilleuse puissance me rendait optimiste.

Les pierres continuaient à passer au-dessus de nos têtes ; il y en avait même de plus en plus, car les utilisateurs des catapultes augmentaient leur cadence de minute en minute. Jaglavok, ses deux boucliers hérissées de flèches, ne perdait rien de l’évolution de la bataille. Il vit avec angoisse que nos hommes commençaient à reculer partout.

-          Ça va mal ! s’écria-t-il. Notre cavalerie nous manque cruellement. Il faudrait…

-          Quoi ? Que faut-il faire ? demandai-je avec impatience.

 

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