09/09/2010

Bjorn aux armées I est sorti !

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Bjorn aux armées I, le jarlal est dans les librairies. C'est le sixième tome de la saga et il compte 335 pages. En début d'ouvrage figure une carte du Fizzland et des pays environnants (voir rubrique "Cartes du Fizzland"). Je vous livre ici le texte figurant sur la quatrième de couverture :

L’agresseur portait un masque de la Saint-Magnus, une figure de diable, et un chapeau à cornes. Tandis qu’il poignardait Harald Ier, il riait à gorge déployée.
Un démon, pour sûr ! Après ce terrible attentat, le vieux roi viking est au plus mal et fait appeler le morphir à son chevet. À peine Bjorn a-t-il eu le temps de profiter de l’affection des siens, de sa gloire toute neuve et des cadeaux offerts par Harald Ier après son expédition victorieuse aux enfers, que le voilà reparti. Sans attendre, il galope à bride abattue vers la capitale avec, à ses côtés, son ami le demitroll Dizir.
Sur la route, les nouvelles sont préoccupantes.
Des troupes ennemies se massent aux frontières et les royaumes voisins s’apprêtent à envahir le Fizzland.
La guerre est imminente. Harald Ier doit se hâter de désigner un jarlal, un guerrier plein d’expérience qui le remplacera à la tête des armées. Ghizur-Loup-Blanc et Bardi le Borgne paraissent les meilleurs candidats au poste suprême. Pour Bjorn, cela ne fait aucun doute…
Et si le morphir se trompait ?

Voici maintenant un chapitre du livre ; pas le premier, car je vous l'ai déjà donné à lire, si je ne m'abuse. 

35

 

Le choc des armées

 

Entre nous et l’armée ghizoise, toujours immobile, les Saxons et nos cavaliers finissaient de s’entre-tuer. Les corps des morts et des blessés, les chevaux sans cavaliers et les derniers guerriers actifs constituaient un obstacle sur notre chemin. Notre avance en fut retardée, cela pendant que les pierres pleuvaient sur nous comme les projections d’un volcan furieux. Il faut normalement de longues minutes, la moitié d’une heure, pour recharger une catapulte. Comment ces géants de bois pouvaient-ils tirer à ce rythme ?

-          Jamais vu ça ! cria Jaglavok. Où ont-ils trouvé de tels engins ? 

Il était nécessaire de progresser à tout prix.

-          Hoogh ! hoogh !

Krorr accéléra encore son allure ; je sentis le vent fouetter mon visage. Les guerriers au sol, Saxons et Fizzlandais confondus, foulés aux pattes du dragon royal, poussaient parfois des cris déchirants. Leur souffrance me fendait le cœur, mais je ne pouvais pas demander à Krorr, ni à personne, de les enjamber – nous n’avions simplement pas le temps pour ce genre de précaution. Notre armée passa sur eux sans pitié, chacun d’entre nous faisant taire l’horreur qu’il ressentait à écraser ainsi son prochain.

-          Hoog ! hoogh ! hoogh !

Sur ma gauche, Gaefa quitta soudain le sol ; elle s’envolait ! Dizir me cria quelque chose, mais ses mots se perdirent. Nous vîmes l’énorme masse s’élever dans les airs avec aisance.

Je n’eus guère le loisir de songer plus longtemps au départ de Dizir, car les choses se précisaient. Enfin nous nous trouvions devant l’alignement serré de nos adversaires. Plus que cent pas et ce serait le choc tant désiré, tant redouté. Instinctivement, Krorr ralentit quelque peu son allure.

Je regardai la ligne adverse, étincelante, aussi figée qu’un mur. Avec leurs heaumes et leurs armures intégrales, les Ghizois me rappelèrent les enfants de Walkyr, l’armée de fer sortie de la Mer des Narvals.

-          Qadvaa, dis-je à Krorr, afin qu’il prépare son feu.

Cinquante pas… Quarante pas… Les flèches ennemies se mirent à tomber dru. À ma droite, un peu en retrait, Njall poussait son destrier en hurlant. Il reçut un trait dans la cuisse, mais continua à charger comme si de rien n’était.

Vingt pas… Dix pas !…

-          Taïaut ! lança Jaglavok. Mort à l’ennemi !

-          Vah ! ordonnai-je. VAH !

Et Krorr, tout en galopant, cracha son feu.

J’avais rengainé Tyrfing, qui ne me serait d’aucune utilité : l’arme d’un conducteur de dragon, c’est la bête qui le porte, ses griffes, sa mâchoire, sa queue à piques, son feu.

La flamme de Krorr frappa une vingtaine de guerriers, qui brûlèrent comme des torches. Nous nous engouffrâmes dans la brèche ainsi causée.

Derrière moi, Jaglavok tirait comme un fou. Je n’avais jamais vu quelqu’un recharger une arbalète avec une telle célérité. Malheureusement, ses traits se brisaient sur les hommes de Hakon, casqués, couverts d’écailles.

-          Hirdoun ! pestait le demi-hirogwar.

Pour moi, ces premiers instants furent grisants ; je manœuvrais Krorr à la voix, et lui m'obéissait parfaitement. Tandis que ses entrailles refaisaient du feu, opération qui demande plusieurs minutes, il assénait de terribles coups de pattes.

-          Hirdoun ! répéta Jaglavok, qui jeta son arbalète avec rage. Ces armures sont diaboliques !

Plusieurs boucliers étaient accrochés à la selle-siège. Jaglavok en décrocha un, puis un second ; et c’est avec un bouclier à chaque bras qu’il poursuivit la bataille. Son habileté à dévier flèches et javelines lancées à toute volée me sauva la vie à maintes reprises, je peux l’affirmer !

Notre armée fit d’abord reculer l’ennemi. Mais cet élan ne tarda pas à être brisé comme les vagues sur une côte rocheuse. Parmi les nôtres, un homme sur trois portait une cotte de mailles ; les autres n’avaient que leurs vêtements matelassés et leurs boucliers. Alors qu’ils étaient eux-mêmes vulnérables, ils devaient frapper à toute force, et recommencer encore et encore, pour espérer entamer l’armure de leurs opposants.

Il serait pourtant déshonnête d’écrire ici que l’efficacité de nos ennemis tenait uniquement à leurs protections avantageuses. Ils se battaient bien, avec une étrange harmonie – un peu comme si un seul cerveau avait commandé tous leurs mouvements.

Les Ghizois frappaient sans crier, et lorsqu’ils tombaient, ils le faisaient en silence. Ce mutisme inhumain ne laissait pas de me troubler, je l’avoue.

Krorr lâcha sa deuxième flamme – « froufffff ! » – sans cesser de jouer de la queue et des pattes. Il creusait son large sillon dans les rangs ennemis. Sa merveilleuse puissance me rendait optimiste.

Les pierres continuaient à passer au-dessus de nos têtes ; il y en avait même de plus en plus, car les utilisateurs des catapultes augmentaient leur cadence de minute en minute. Jaglavok, ses deux boucliers hérissées de flèches, ne perdait rien de l’évolution de la bataille. Il vit avec angoisse que nos hommes commençaient à reculer partout.

-          Ça va mal ! s’écria-t-il. Notre cavalerie nous manque cruellement. Il faudrait…

-          Quoi ? Que faut-il faire ? demandai-je avec impatience.

 

11:50 Écrit par Thomas Lavachery dans ACTU | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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