30/01/2010

Le jarlal terminé!

J'ai terminé "Le jalal", premier tome du cycle intitulé Bjorn aux armées. Là, je suis en train de relire et de corriger ; ensuite le texte partira chez l'éditeur. Si tout va bien, il paraîtra à l'automne 2010. Voici pour vous, en exclusivité, les deux premiers chapitres :

Bjorn aux armées

I. Le jarlal

 

1 

La main de Godinn

 Ce fut d’abord une période heureuse pour le royaume, pour ma famille, pour moi-même. Le roi Harald avait connu de grave problèmes de santé pendant que nous étions aux enfers ; sa mort avait été plusieurs fois annoncée, puis démentie. Il était resté des mois au lit, fiévreux, perclus de rhumatismes et de douleurs variées. Et puis, à l’approche de l’été 1067, il avait retrouvé des forces. Il se remit bientôt à gueuletonner, à chasser, à courir les femmes. Le peuple cria au miracle, des messes furent données dans la grande église d’Updala, en remerciement de la providentielle guérison.

Lorsque mes compagnons et moi remontâmes des enfers, en décembre de la même année, c’était le plein hiver. Il n’était pas question d’entreprendre tout de suite le voyage jusqu’à la capitale, car le prince Sven, habitué aux chaleurs infernales, fragile comme un oisillon, ne l’aurait pas supporté. Dès lors, Harald dû attendre avril pour revoir le fils qu’il avait sacrifié jadis aux intérêts du royaume.

Sous la terre, Sven avait connu une vie de reclus, ne voyant personne que sa mère adoptive, Mamafidjar, qui le maintenait dans l’enfance. Après trente et une années passées dans la tour Fidjar, prisonnier de l’amour monstrueux de la reine des enfers (elle le battait), le prince Sven était un être craintif, inculte, mentalement mutilé.

Nous avions mis l’hiver à profit pour l’éduquer quelque peu. Étoffer son vocabulaire, lui apprendre les bonnes manières, la propreté… tout cela avait été fait avec une infinie patience, par ma mère, le demi-troll Dizir, ma fiancée Sigrid, ma sœur Ingë… Je lui avais montré comment tenir une épée et se tenir sur une selle, mon père lui avait enseigné les rudiments de l’écriture… En somme, nous avions commencé à faire du prince un homme civilisé.

Les progrès étaient spectaculaires, j’ose le dire, même si un long chemin restait à parcourir. Il demeurait maladroit, bredouillant, et les conversations un peu compliquées lui passaient au-dessus de la tête. De surcroît, il lui arrivait souvent de bouder ou de pleurer pour des broutilles, comme un enfant.

Dans ces conditions, j’appréhendais fort les retrouvailles entre le père et le fils. Harald attendait un héritier, un successeur digne de ce nom – quelle serait sa réaction devant un personnage tel que Sven ?

La rencontre eut lieu dans la chambre du roi, en présence de plusieurs seigneurs, dont notre ami Ghizur-Loup-Blanc. Elle se passa bien. Je pense que Harald ne s’était bercé d’aucune illusion. Il parut même étonné de voir Sven se tenir convenablement et répondre à ses questions dans un fizzlandais correct, quoique élémentaire.

-       Vous avez fait du beau travail, Bjorn, me félicita-t-il, comme s’il était au courant de nos efforts pour éduquer le prince.

Sept jours plus tard, dans la Salle des cérémonies de la maison royale, Harald présenta son fils au royaume. Tout ce que le Fizzland compte de grands seigneurs et de nobles dames se trouvait réuni pour l’occasion. Mes parents étaient là, vêtus de leurs plus beaux habits, ainsi que le demi-troll Dizir et Lala, la sœur de ma fiancée.

Sigrid, en robe de velours, et Svartog, dans un sarrau de soie noire, brodée, se tenaient avec moi au premier rang.

Le roi conta devant tous la naissance de son fils aîné, comment il l’offrit à Mamafidjar, reine des enfers, en échange d’une rente annuelle en or et en pierreries.

-       Sans ces richesses, qui me servirent à lever des troupes, notre royaume serait aujourd’hui aux mains des envahisseurs, déclara Harald. Ce que j’ai fait, je l’ai fait pour notre bien à tous, en surmontant l’horreur que j’éprouvais naturellement. Jeter mon enfantelet dans la Grande Bouche fut bien l’acte le plus terrible qu’il m’ait été donné d’accomplir.

-       Es-tu certain, ô Harald, que cet homme est ton fils, celui-là même que tu jetas autrefois dans les enfers ? s’enquit Ghizur-Loup-Blanc en désignant Sven.

Sur un signe du roi, Sven ôta sa tunique, découvrant son maigre torse aux yeux de l’assistance. Le roi indiqua une tache de naissance, dont la forme évoquait vaguement celle d’une main, placée sous le mamelon gauche. Les membres du Conseil des sages, Ghizur en tête, et d’autres hauts personnages vinrent observer la tache. Ensuite le roi souleva sa propre tunique, et les mêmes personnages purent voir une tache semblable sur le torse royal. Elle était un peu plus grande et positionnée carrément sur le mamelon, mais la ressemblance ne faisait pas de doute.

Ce symbole divin, appelé « main de Godinn », est la marque des rois Fizzlandais. Depuis Igmund Ier, fondateur de notre Dynastie, tous l’avaient porté sur l’une ou l’autre partie du corps.

L’examen comparatif des taches s’était fait sous la surveillance des hommes de la horde royale, qui maintenant invitaient les dignitaires à regagner leur place. Harald se rajusta avec le sourire ; il était d’excellente humeur.

Il attendit le silence pour ordonner à tous de s’agenouiller devant Sven, le prince revenu des enfers. Nous nous exécutâmes dans un grand bruissement d’étoffes. Le prince reçu cet hommage d’un air quelque peu inquiet. Il me chercha dans la foule et je lui souris, ce qui l’aida à reprendre contenance. Depuis que je l’avais sauvé des griffes de Mamafidjar, il existait entre nous une relation particulière. Sven me vouait une admiration et une confiance sans borne et, de mon côté, j’éprouvais à son égard des sentiments quasi paternels.

L’ombre du prince Dar planait sur cette cérémonie. Lorsque nous nous fûmes relevés, un homme demanda la parole. Il se nommait Bardi le Borgne et possédait une réputation de bravoure. Harald le tenait en grande estime.

-       J’ai une question à poser, ô notre roi, dit Bardi.

-       Pose, mon ami, fit Harald avec bonhomie.

-       Quand le prince Dar sera là. Je veux dire, quand il reviendra de son… de son voyage mystérieux. Que se passera-t-il ?

Dar avait disparu depuis des mois et personne, hormis mes proches et moi-même, ne savait ce qu’il était advenu de lui.

-       Tu veux parler de ma succession, n’est-ce pas ? dit Harald.

Bardi hocha la tête.

-       Sven est l’aîné, il est l’héritier légitime. Je m’étonne que tu puisses avoir le moindre doute à ce sujet, Bardi fils de Gaut.

-       Il montera sur le trône, alors…

-       Bien sûr ! s’agaça le roi.

Des murmures se firent entendre, preuve que Bardi avait mis le doigt sur une question sensible.

Tous les regards se portèrent sur Sven. Il n’est pas bien fier, notre futur souverain ! devaient penser la majorité des personnes présentes.

-       Ne pourront-ils gouverner ensemble ? hasarda Bardi.

-       Qui ça ? gronda Harald, feignant de ne pas comprendre.

-       Sven et le prince Dar. Cela s’est vu par le passé, chez nos voisins…

Bardi faisait allusion à Hirr et Birr, deux frères qui régnèrent sur le Ghizmark dans les années 980. Hirr, l’aîné, était simple d’esprit, et c’est le cadet, Birr, qui tint seul les rênes du pouvoir.

Implicitement, Sven venait d’être comparé au roi Hirr, un demeuré. Harald pâlit ; je crus qu’il allait laisser éclater sa colère, mais il n’en fit rien.

-       Deux rois sur un trône, c’est le meilleur moyen de provoquer la perte d’un royaume, déclara-t-il en prenant place sur son haut-siège.

Il promena un moment son regard d’acier sur l’assistance, puis :

-       Il est temps, à présent, de récompenser ceux qui ont accompli l’impossible. Et d’abord, le jeune guerrier de quinze ans qui a conduit l’expédition glorieuse… Viens à moi, chéri du destin, élu de Dieu ! Viens à moi, Bjorn fils d’Érik, le morphir !

 

2 

Le pendangorgh et la ferme de Sigluvik

Harald Ier a toujours su se vêtir avec goût. Ses capes de soie levantine, aux couleurs subtiles, ses chemises de velours et ses manteaux de laine rare lui conféraient une noblesse tout en sobriété. Il ne portait qu’un seul bijou : une croix d’argent. À côté de lui, les autres souverains et la plupart des grands seigneurs, avec leurs ceintures d’or, leurs fibules superfétatoires, leurs bagues et colliers sans nombre, paraissaient vulgaires.

-       La boîte, Glamr, dit le roi avec un geste élégant.

Un vieux serviteur apporta un objet qui ressemblait par la forme à un coffre en miniature. Dedans se trouvait un collier constitué de pièces étrangères, saxonnes, franques et autres, coulées dans l’or le plus pur. C’était ce qu’on appelle un « pendangorgh », mot de langue ancienne qui signifie « insigne d’honneur ». Cette haute récompense ne se distribue pas à tour de bras, et les porteurs du pendangorgh se comptent sur les doigts d’une seule main. Mon père ne l’a jamais eu, par exemple, cela malgré les immenses services qu’il a rendus au royaume.

Je m’agenouillai pour recevoir le prestigieux collier des mains du roi.

Lorsque je me relevai, ému, Harald me tendit un parchemin roulé, orné d’un ruban.

-       Cet acte signé par moi t’institue propriétaire d’une terre au nord de Sigluvik. Connais-tu cette contrée ?

Qui ne la connaît ? Située au bord de la mer, sur la côte est, à une journée de cheval de la capitale, c’est une région souriante, faite de collines et de bois d’ormes, où les sources chaudes abondent. La plupart des hommes en vue y ont un domaine où cherchent à en posséder un.

Harald poursuivit :

-       Il y a une grande maison d’habitation sur ta nouvelle terre, Bjorn, ainsi que les bâtiments pour les bêtes et l’entreposage, un moulin à eau… Je t’offre également trente chevaux et autant de chèvres, cinq bœufs de trait et une basse-cour nombreuse. Vous n’aviez plus de demeure, ta famille et toi, depuis l’attaque de la neige. Eh bien, la chose est réparée !

C’était un cadeau d’une extrême valeur, qui nous propulsait au rang des familles les plus riches du royaume. Je remerciai avec émotion. Avant d’en terminer avec moi, le roi m’offrit encore une maison à Updala, près de la place du marché.

-       Je veux que tu puisses résider à la capitale. Il y aura sûrement des périodes où je voudrai t’avoir sous la main, précisa le Harald.

Ce fut ensuite le tour de Sigrid fille d'Ull. Ma fiancée reçut de l’or, des bijoux finement ouvragés et un coffre rempli de vêtements d’apparat, dont une robe en soie elfique. Sachant que Sigrid avait grandi sur un pauvre lopin de terre dans l’Aggafjord, le roi donna à ma fiancée un beau domaine près de Tortuffel.

-       Ce n’est pas loin de la maison de tes parents, dit Harald. Ils ne seront pas dépaysés. La nouvelle demeure est entourée de riches pâturages. Les moutons qui s’y trouvent, une centaine de têtes, vous appartiennent ainsi que deux chiens de troupeau, douze chèvres, un bouc du Skudland et une basse-cour.

Ce don ému Sigrid jusqu’aux larmes. Ses malheureux parents allaient enfin vivre dans l’aisance !

Vint le tour de Svartog-Long-Bras, à qui le roi n’offrit aucune terre, mais qu’il remercia par deux cadeaux somptueux : un faucon dressé, oiseau de haute lignée, et un grand sac de cuir plein de monnaies précieuses et de pierreries. Svartog avait toujours été pauvre ; ce trésor fit de lui l’hirogwar le plus riche du pays après Benok l’armurier.

-       Le faucon répond au nom de Sól, dit le roi. C’est le rapace le plus intelligent qui soit. Il t’accompagnera dans les airs, Svartog, mon ami.

Le lecteur n’ignore pas que le demi-hirogwar possédait une cape cerf-volant héritée de son arrière-grand-père, objet merveilleux grâce auquel il pouvait voler.

De manière fort injuste, le nom de Ketill le Rouge ne fut pas mentionné ce jour-là. Harald ne pardonnait pas à notre ami d’être resté aux enfers, préférant la compagnie de son fils mort au service du roi. Chaque fois que, dans la suite, j’évoquai Ketill en sa présence, son visage se rembrunit.

Afin de conclure dignement la cérémonie, le roi invita un garçon de sa lignée à réciter le Poème du morphir, œuvre du grand Égill-Pêcheur-d’Orques choisie en mon honneur.

La voix cristalline du jeune récitant prononça les mots célèbres dans un silence recueilli :

Ô morphir

Ton enfance a su faire

L’affaire des rieurs

Et bien pleurer ta mère

De honte et puis de peur…

Tout en écoutant, je me rappelai le jour lointain où, au premier étage infernal, Ketill le Rouge nous avait déclamé ce même poème d’une voix profonde, aux modulations subtiles, inégalables.

 Car ton cœur plein de failles

Scellait ton avenir. 

Ta jeunesse craintive t’a maintenu sur la rive

Du grand fleuve Aventure

Tu vécus sans armure

Loin du bruit des batailles

Qu’allais-tu devenir ?

Mais quand tu t’es levé

Bien des hommes ont tremblé…

Le garçon approchait de la conclusion, quand une forme noire fit irruption dans la Salle des cérémonies.

-       Salut la compagnie ! lança Hughinn, le corbeau parleur.

-       Te voilà enfin, vagabond ! gronda le roi. Où étais-tu passé depuis trois jours ?

-       J’avais à faire.

-       Dis plutôt que tu contais fleurette aux jouvencelles corbeau, débauché que tu es !

-       Eh bien oui, pourquoi ne lier ? C’est le printemps, que diable ! J’ai beau avoir quelques plumes blanches – comme toi, ô mon roi -, j’ai encore du goût pour les choses de l’amour. Comme toi, ô mon roi !

Hughinn tournoyait au-dessus des têtes ; son vol hystérique avait de quoi vous donner le tournis.

-       Alors c’est lui, le nouveau prince ! croassa-t-il en tirant vers Sven. Alors c’est lui, l’aîné, l’héritier… Quand Dar reviendra, il ne sera pas content, non, non ! Lui qui s’imagine sur le trône depuis l’enfance… Quelle déception !

Hughinn se posa sur l’épaule de Harald, avant de s’envoler presque aussitôt ; ses vieilles ailes battaient l’air avec bruit : « flap ! flap ! flap !… » 

-       Bonjour Bjorn ! lança-t-il en m’apercevant. Bravo pour ton exploit, fils ! Tu n’es pas un morphir pour rien. Gloire au vainqueur des enfers !

Surexcité, il retournera auprès de Sven, dont il effleura le crâne d’un coup d’aile.

-       Voilà donc l’héritier. Il n’a pas fière allure, ma parole ! Torse creux, épaules étroites… Et cette blancheur de cierge… Brrrr, il me fait peur ! Serait-il malade, des fois ?

Sven n’avait pas l’habitude des oiseaux et en avait peur ; il se mit à pousser de petits gémissements.

-       Il suffit ! tonna Harald en fondant sur Hughinn.

Ce dernier prit le large, et le silence tomba sur l’assemblée. Reprenant aussitôt sa contenance, le roi se tourna vers Bardi le Borgne.

-       Toi qui possèdes la plus belle voix du royaume, voudrais-tu nous chanter quelque chose ?

Bardi s’inclina et, fier comme le dieu Raghorr, entonna un vieil hymne à la gloire du pays. Sa voix allègre, dénuée d’artifice, était bien faite pour détendre l’atmosphère.

Des sourires apparurent sur les lèvres ; bientôt, hommes et femmes, jeunes et vieux se mirent à chanter avec Bardi.

-       La plupart d’entre eux espèrent ardemment le retour de Dar, pensai-je. Et nul doute qu’en secret, ils désirent le voir régner un jour, plutôt que le pauvre Sven.

Seulement le prince Dar ne reviendrait pas, non, car je l’avais tué.

 

15:45 Écrit par Thomas Lavachery dans ACTU | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Interview par Anne-Elisabeth Lesne

Anne-Elisabeth Lesne, étudiante en 5ème humanité (Belgique), m'a récemment interrogé dans le cadre d'un travail de fin d'études intitulé "D'où vient et comment se vit cette passion d'écrire ?" Elle m'a aimablement permis de reproduire ici l'interview :

1 – Pouvez-vous expliquer en quelques lignes quel a été votre chemin d'écriture, quels ont été vos premiers pas dans ce domaine ?

J’ai commencé par être un fan de bandes dessinées, joyeuse discipline que j’ai pratiquée sérieusement jusqu’à l’âge de vingt ans, faisant même paraître des planches dans le journal Tintin et ailleurs. L’écriture n’était qu’un passe-temps secondaire. Je me souviens ‘d’un jour où un prof de français, une dame très chouette et ouverte, nous avait demandé une énième rédaction. Je lui ai proposé d’écrire une nouvelle à la place, ce qu’elle a accepté, me prévenant qu’elle me coterait avec toute la rigueur voulue. J’ai pondu un texte d’une trentaine de pages, une histoire farfelue qui tenait du conte. Le prof a apprécié, et moi j’ai découvert que l’écriture était une activité amusante pour laquelle je me sentais des dispositions. Je n’aurais pourtant jamais cru, alors, que j’abandonnerais la BD pour le roman.

2 – Y a-t-il eu un déclic particulier, un événement, un choc qui a entraîné ce début d'écriture ? Écriviez-vous « en secret » ?

Je distinguerais deux moments : celui où j’ai réalisé que je voulais écrire sérieusement, en faire mon métier si possible, et le moment où je me suis mis pour la première fois au travail.
Avant dix-sept ans, je lisais surtout des BD – et puis soudain j’ai commencé à dévorer du roman. Mes parents possédaient une bibliothèque fournie ; je n’ai eu qu’à puiser. Et c’est l’admiration éprouvée pour certains auteurs qui m’a donné envie d’écrire. Très vite, cependant, j’ai eu l’intuition que si j’arrivais un jour à mes fins, ce serait plutôt dans le roman d’aventures (je ne songeais pas encore au fantastique) que je m’épanouirais. Mon modèle, dès cette époque, et encore aujourd’hui, aura surtout été Alexandre Dumas.
Cela étant, je ne me sentais pas prêt à me lancer. Mes rares tentatives m’apprenaient qu’il me manquait beaucoup de choses, en particulier la technique. L’imagination, je l’avais, mais j’étais incapable de la canaliser, de maîtriser mon travail. J’accouchais de nouvelles caduques, touffues : de petits monstres. Alors je me suis dirigé vers d’autres domaines : l’Histoire de l’art (licence à L’ULB), le cinéma (j’ai réalisé des documentaires), etc. – cela avec l’idée de devenir un jour romancier. Du coup, je me sentais un imposteur partout, car ce que j’entreprenais, c’était toujours en attendant, écrire restant mon désir insurpassable.
Le temps m’a donné (un peu) de maturité, mes études ont élargi mon horizon intellectuel et ma culture. Plus important : mon passage dans le cinéma, à travers la lecture et l’écriture de scénarii, le montage, m’a apporté les outils techniques qui me manquaient. Enfin, j’ai beaucoup appris en racontant des histoires à mon fils Jean, auditeur exigeant. C’est d’ailleurs l’une des histoires inventées pour lui qui a servi de base à Bjorn le Morphir, mon premier roman.

3 – Pourquoi continuez-vous à écrire ? Par besoin, pour mieux vivre, mieux vous connaître, pour y voir plus clair, par passion... ?

Ecrire est aujourd’hui mon métier – je le fais donc pour vivre, indéniablement. Mais ce travail est aussi une passion, ce que je considère comme une incroyable chance. Tant de gens – et ça m’est arrivé maintes fois dans ma vie – gagnent leur croûte en faisant des choses qu’ils n’aiment pas, ou qu’ils apprécient moyennement. Moi, je m’invente des vies parallèles et on me paie pour ça.
J’écris également pour être aimé. Quand j’étais enfant et ado, mes parents accueillaient toujours mes productions, dessins, sculptures, textes, avec enthousiasme. Ils me critiquaient parfois, mais les encouragements prévalaient de très loin. Et je pense que j’en suis venu, inconsciemment, à rechercher les compliments pour me rassurer. A chaque fois que je leur montrais quelque chose, c’était une façon pour moi de vérifier leur amour. Aujourd’hui, je cherche à me faire aimer de gens que je ne connais pas – comme (presque) tous les artistes, je pense.

4 – Dans quel état d'esprit, dans quel environnement êtes-vous lorsque vous écrivez ?

J’écris le plus souvent dans mon bureau, un endroit que j’aime, décoré de photos d’écrivains, peuplé de masques et de sculptures du bout du monde. C’est un environnement stimulant et chargé d’âme. Je suis cependant capable d’écrire n’importe où, pour autant qu’il règne un calme suffisant autour de moi – pas question d’écrire au bistrot !
Au début d’une séance, j’essaye de faire le vide dans ma tête, d’oublier les soucis quotidiens pour entrer de plein pied dans l’univers de mon histoire. Souvent, je ferme les rideaux pour me sentir le plus déconnecté possible. Je laisse les visions m’envahir, et c’est parti ! Mais je garde toujours à l’esprit que l’imagination ne peut diriger seule le travail : il faut sans cesse se surveiller, entretenir une forme de suspicion par rapport à ce qu’on fait. Se laisser gouverner par ses personnages, par exemple, leur permettre d’évoluer « tout seuls » (beaucoup d’auteurs décrivent ce phénomène avec une fascination que je ne partage pas), est à mon sens une erreur. Dès que j’ai l’impression que je me fourvoie, que je m’engage dans une mauvaise direction, je m’arrête et je réfléchis. L’alerte se situe au niveau du ventre – je sens une petite boule derrière le nombril.
Enfin, pour en terminer sur l’état d’esprit, je dirais que j’essaye de m’imposer un devoir d’originalité. Sans cesse je me pose des questions du genre : « Est-ce que ceci n’a pas déjà été vu cent fois ? » Si j’introduis des trolls ou des dragons, je tente d’en proposer un portrait neuf, qui souvent prend le contre-pied de l’image qu’on a habituellement de ces créatures (je les appelle à part moi des « personnages-poncifs »).

5 – J'imagine que, même si vous prenez du plaisir à écrire, vous rencontrez des difficultés dans votre travail, lesquelles ?

Il y a toujours des moments, pendant l’écriture d’un roman, où l’on s’engage dans une mauvaise voie. Il faut alors s’arrêter pour repartir ensuite d’un bon pied, après une réflexion qui peut durer plusieurs jours et se révéler fort angoissante. On peut aussi ne plus savoir comment continuer, parce que le chemin qu’on avait envisagé nous paraît tout à coup moins séduisant. Là encore : arrêt, réflexion et ensuite redémarrage. Il peut enfin arriver que l’on termine un livre sans s’être aperçu de certains problèmes fondamentaux qu’il faudra résoudre après, si c’est possible. Il y a un an ou plus, j’ai mis un roman dans un tiroir alors que je l’aimais beaucoup, mais il possédait des défauts très importants : un protagoniste dont on ne comprend pas bien les motivations (difficile de s’identifier à lui, dès lors), un sujet mal défini, une fin dérangeante, etc. En dépit de ses qualités reconnues par plusieurs lecteurs, éditeurs compris, le bouquin n’est pas publiable. Et je ne sais toujours pas comment le sauver, malgré l’envie que j’en ai.

6 – Attendez-vous l'inspiration pour vous mettre au travail ou vous forcez-vous parfois ? Quelle est votre méthode ?

J’attends l’inspiration initiale, les idées et les visions qui vont me décider à entreprendre un livre. Ensuite, une fois lancé, je me mets à ma table tous les jours, sauf le dimanche, et l’inspiration se manifeste toujours, fidèle, même si elle n’a pas chaque fois la même qualité. Jamais à cours d’idées, j’en ai parfois de mauvaises, qui m’entraînent où je ne devrais pas aller. J’écris alors des paragraphes, des pages, voire des chapitres entiers qu’il me faudra recommencer.

7 – Une fois le texte écrit, le retravaillez-vous beaucoup ? Y a-t-il de nombreux brouillons avant d'atteindre le résultat final ?

Je retravaille le texte à tous les stades du processus, et si j’ouvre un de mes livres publiés, je trouve encore mille choses à changer (à tort ou à raison). Cela dit, chaque texte est différent et peut demander des révisions plus ou moins importantes. Il y a des romans que j’ai dû seulement élaguer, corriger en surface ; d’autres ont eu besoin d’un profond remaniement.


8 – Parvenez-vous à prendre du recul sur vos textes, à avoir encore un œil critique malgré les relectures ?

Je relis et corrige constamment en cours d’écriture, sur écran, et tout de suite après avoir terminé, cette fois sur papier. La lecture que font mes proches d’un manuscrit tout chaud m’aide à pallier le manque de distance ; j’arrive ainsi à fournir à l’éditeur un texte déjà solide. Les épreuves m’arrivent quelques semaines plus tard ; j’ai alors un recul qui me permet de déceler de nouveaux problèmes (je ne dis pas les derniers, car il en restera toujours). Ceci est le déroulement idéal. Mais bien sûr il arrive qu’un texte demande plus de temps de révision, plus de recul, plus d’avis extérieurs. Certains romans sont soumis plusieurs fois à l’éditeur avant acceptation ou refus définitif. Il y a les manuscrits qu’on peaufine seulement et ceux qui nécessitent une véritable refonte. A l’arrivée, les premiers ne font pas nécessairement les meilleurs livres.

9 – Vous avez publié plusieurs de vos écrits, dans quel but ? Avez-vous eu peur d'être ou de ne pas être publié(e) ?

Dès le départ, j’ai eu comme objectif d’être publié et même de vivre de ma plume. J’ai bien sûr douté parfois – souvent ! – de parvenir à mes fins, mais je croyais suffisamment en moi pour persévérer. En tous cas je ne voulais pas arriver à l’âge de 80 ans avec le regret de ne pas avoir vraiment essayé.
 
10 – Cette passion vous demande beaucoup de temps. Cela influence-t-il votre relation aux autres ? Comment vivez-vous la solitude nécessaire de tout écrivain ?

Cette passion se trouvant être mon métier, il est normal qu’elle me prenne beaucoup de temps. Il arrive que je sois tellement habité par une histoire que j’en éprouve du mal à redescendre sur terre. Mais bon, il n’y a pas que les romanciers qui sont obsédés par leur travail – tout le monde connaît ça, peu ou prou.
La solitude, en revanche, ne se rencontre pas dans tous les métiers. En ce qui me concerne, elle me pèse parfois, même si je l’apprécie de manière générale. Au début, je devais veiller à sortir, à rencontrer des amis le midi, par exemple, sans quoi j’étouffais. Aujourd’hui que je suis fort sollicité, pour des rencontres scolaires, des salons, etc., j’ai moins ce problème. Ca qui me manque vraiment, c’est le travail en équipe, que j’ai connu dans divers boulots – entre autres quand je faisais du documentaire. J’ai heureusement un ami et complice de longue date, Denis Roussel (auteur des couvertures de ma saga viking), avec qui j’ai toujours l’un ou l’autre projet en train. Là, il vient de terminer la mise en couleur d’un album pour enfants que je vais publier à l’Ecole des loisirs : Jojo de la jungle. Nous avons passé des heures ensemble à définir mille nuances subtiles, faisant un nombre incalculable d’essais. En somme, nous jouons les esthètes, et j’adore ça !

11 – Lorsque vous venez de terminer un écrit, quels sont vos sentiments, comment vous sentez-vous ?

Je me sens désœuvré, vide, et la déprime pourrait probablement s’installer si je ne fonçais pas illico dans une nouvelle aventure : roman, nouvelle, livre pour enfants, scénario… Je m’accorde peu de vacances, même si ma vie ressemble un peu à des vacances perpétuelles pour ceux qui m’entourent.

12 – Habituellement, qui sont vos premiers lecteurs ? A chaque fois, êtes-vous prêt(e) à admettre des propositions, des corrections, voire des réécritures totales de paragraphes par exemple ?

Mon premier lecteur est toujours Jean, mon fils aîné. Il ne mâche pas ses mots quand il n’aime pas quelque chose et il a raison neuf fois sur dix. Mes autres lecteurs sont mon épouse, ma chère maman et un ou deux amis, dont Denis Roussel. Je suis très attentif à leurs remarques ; j’en tiens compte le plus souvent. Chaque lecteur à ses marottes : mon épouse, par exemple, veille beaucoup à la clarté du texte. C’est une instit et je pense que ça joue. J’ai un ami qui tique lorsqu’il y a des expressions trop actuelles, anachroniques, dans les dialogues…
Une fois le texte lu et relu, corrigé, je l’envoie à l’éditeur, ou plutôt à mes éditrices : Geneviève Brisac (Ecole des loisirs) ou Elisabeth Sebaoun (Bayard) suivant le cas. Avec la première, les critiques sont toujours d’ordre général, elles s’en tiennent à l’essentiel ; avec la seconde les remarques et suggestions vont jusqu’au plus infime détail. Comme ces deux dames sont très respectueuses des auteurs, je prends ce que je veux dans ce qu’elles me disent et je laisse le reste. Mais je dois avouer que la plupart du temps elles tapent juste.
Je trouve primordial d’être ouvert à la critique. L’avis des autres vous fait gagner du temps et vous permet toujours d’améliorer, parfois radicalement, un manuscrit. Le tout est de ne pas se laisser dérouter ou influencer sur l’essentiel. Les critiques doivent vous aider à atteindre la cible que vous avez choisie, pas une autre. Gare aux éditeurs et aux producteurs qui sont des artistes frustrés !

13 – Suivez-vous un certain schéma à chaque fois que vous écrivez ?

Non, pas exactement. Je fonctionne avec quelques règles ou principes. Je veille à ce que mon protagoniste ait un objectif clair, posé rapidement ; je m’attache à rentrer de plein pied dans l’action et à distiller l’exposition en cours de récit, alors que l’aventure est lancée. Je mets bien sûr de multiples obstacles, qui vont si possible crescendo, sur le chemin de mon héros. Je termine en général mes chapitres sur une accroche. Je cherche à créer des méchants originaux (que j’estime tels), comme la neige dans Bjorn le Morphir. Enfin je m’attache à faire évoluer mes héros psychologiquement, car je déteste les personnages figés.
Je ne fais jamais de plan. Je connais la fin de mes histoires et certains épisodes-clé, mais pas le chemin entre ceux-ci. J’ai besoin d’avancer en partie dans l’inconnu, à l’aventure, sans quoi je risquerais de m’ennuyer. Il faut dire que les histoires que je raconte permettent ce genre de liberté. Un auteur de roman policier à énigme, qui construit son récit avec la précision d’un d’horloger, ne pourrait pas travailler de cette façon.

14 – Quels conseils donneriez-vous à un jeune écrivain ?

Beaucoup lire ; relire aussi, c’est très important. Ecrire tous les jours, peu importe quoi, un peu comme on fait des gammes. Commencer par des textes courts : on progresse plus vite en terminant quatre nouvelles de vingt-cinq pages qu’en écrivant un texte de cent pages ; c’est du moins mon sentiment. Se cultiver tous azimuts, histoire de nourrir l’imagination. Essayer de ne pas se tromper sur les atouts qu’on a dans son jeu. Chacun à ses qualités, et il faut travailler surtout avec celles-là. Si j’avais voulu suivre les traces de grands romanciers philosophes, Hesse, Camus, Tournier, je me serais casser la figure : je n’ai ni la formation nécessaire, ni l’intelligence requise. C’est l’imagination mon point fort, je m’appuie donc sur elle.

12:56 Écrit par Thomas Lavachery dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/01/2010

Histoire

Histoire du Nord : des Temps obscurs à la naissance de Bjorn

Les Temps obscurs (avant 6000 avant J.-C.)

Pendant des millénaires, les Terres du Nord, couvertes de forêts, étaient habitées par les géants trolls (taille moyenne : 2,50m ; poids moyen estimé : 220 kg) et les dragons. Ils vivaient en bonne entente, se partageant les territoires et le gibier.

Les Temps de la Conquète (6000 avant J.-C. - 500 de notre ère)

Les hommes, venus du sud, se mettent à sillonner les Terres du Nord; ils se heurtent aux dragons et aux trolls, qui les repoussent. Mais ils reviennent toujours, de plus en plus nombreux, de mieux en mieux armés. Petit à petit, les humains prennent l'avantage. Des villages fortifiés de chasseurs-pêcheurs poussent comme des champignons, surtout le long des côtes.  En 4000 avant J.C., l'agriculture fait son appartition. Mille ans plus tard, c'est l'avènement de la métalurgie (bronze).

Les guerres se poursuivent tout au long des siècles ; géants trolls et dragons, malgré une résistance acharnée, sont repoussés toujours plus au nord.

Les Temps anciens (500-976)

Au milieu du premier millénaire s'achève la Grande Conquête. La plupart des dragons ont été exterminés et le peuple troll est proche de l'extinction.

Les dragons qui survivent deviennent des animaux domestiques. Les derniers géants trolls, quant à eux, adoptent le mode de vie des Vikings, changent d’alimentation et, progressivement, diminuent de taille. "A forze de vivre courbés dans des maizons trop petites et de bouffer des galettes de blé, notre corps a fondu, tiens !", se plaisait à raconter Dizir. Le mélange entre les trolls et les humains donne naissance à une race nouvelle : les demi-trolls.

épée_2

Une fois civilisés, les trolls se passionnèrent pour l'agriculture. Leurs épées en forme de faux symboliserait cette passion.

Remarque : les galeries de trolls et les grottes de dragons datent de la fin de la Grande Conquête – ce sont des cachettes. Avant, ces créatures vivaient en surface, contrairement à une idée très répandue.

Les Terres du Nord sont également habitées par un peuple de créatures quasi humaines : les hirogwars. Ceux-ci sont venus des lointaines régions de l'est aux alentours de 3000 avant J.-C. A aucun moment les hirogwars ne cherchèrent à combattre les Vikings, car ils admiraient leur civilisation et cherchèrent très vite se fondre en elle. Cette rage de s’assimiler permit aux hirogwars de connaître un destin relativement paisible. Le revers de cette médaille fut la perte quasi complète des coutumes hirogwars.

Le mélange entre les hirogwars et les humains donna naissance à une race nouvelle : les demi-hirogwars.

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Svartog le demi-hirogwar

Note : la "langue ancienne" est celle que parlait les hommes aux Temps anciens (et sans doute avant) ; elle est l’ancêtre commun du fizzlandais, du ghizoi, du skudlandais et de l’arlandais. A l’époque de Bjorn, elle continue d’intervenir dans les pratiques religieuses païennes. Les jeunes ne l’apprennent plus, malgré les efforts de leurs aînés.

 Inscription-ancienne2

 

Inscription en langue ancienne

 

En l’an 976, Hor le Premier, règne sur un immense territoire comprenant l’actuel Ghizmark, le Fizzland et une partie du Skudland. Cette période marque le commencement des Temps nouveaux. Le roi Hor meurt en 982. L’année suivante a lieu la bataille d’Atling, opposant Hor le Second et Grim, les fils aînés du roi, à Ingmund, le cadet. Ingmund, victorieux, s'approprie les terres du centre, les plus riches. Il donne à ce pays le nom de Fizzland. La partie conservée par Hor le Second, à l'ouest, devient alors le royaume du Ghizmark, tandis que Grim part à l’est créer le Skudland. - Pendant la bataille d’Atling, mort du dragon noir Furgotognir.

CHRONOLIGIE : de l’ascension du roi Hallorm à la naissance de Bjorn fils d’Erik, le morphir

 

993

Hallorm Ier (grand-père de Harald) monte sur le trône du Fizzland; il s'installe à Updala, qui devient la capitale. Hallorm est appelé le roi navigateur, car il effectua de très nombreux voyages afin de piller les richesses occidentales. Sa flotte compta jusqu'à deux cent drakkars.

1000               

Snorri le Morphir descend aux enfers.

1002               

Erik le Noir (père de Harald) monte sur le trône du Fizzland. Bataille d’Umrik, où meurt Egill Pêcheur d’Orques, compagnon de Snorri. Rendu follement téméraire à cause d’un porrablot, il avait attaqué, seul, une forteresse arlandaise.

1006               

 

Mort de Snorri le Morphir, à 54 ans. Soixante années avant Bjorn aux enfers. 

1015

Grande neige meurtrière au Fizzland ; le village de Yel est enseveli.

1027               

Naissance de Ketill le Rouge, en avril.

1033

Harald Ier monte sur le trône du Fizzland. Ses voisins (Ghizmark, Skudland, Arlande) se liguent pour l’attaquer. Il se défend comme un loup, repousse de tous côtés les envahisseurs. Mais ses qualités guerrières, son talent stratégique, ne suffisent pas. Il tombe à court d’or pour lever de nouvelles troupes et entretenir son armée.             

1035

Harald se rend à la Grande Bouche pour parler à Mamafidjar, reine des enfers.

1036

Naissance du prince Sven au début de l’année : Harald le donne à la reine des enfers et reçoit en échange de l’or à volonté. Grâce à ce terrible marché, il repousse ses ennemis hors du Fizzland.

1037               

Naissance du prince Dar.

1038

Alors que le pays se repose après une longue guerre, les Vorages, peuple des steppes, envahissent le pays par surprise. Gros-Ventre, roi des Vorages, monte sur le trône du Fizzland. Guerre de libération où Erik, père de Bjorn le Morphir, s’illustre aux côtés du roi Harald.

Au mois de mai, naissance de Svartog-Longs-Bras.

1039               

Premier soulèvement des femmes soldats de l’Aggafjord, qui méprisent le pouvoir royal. Elles refusent d’obéir aux directives d’Updala (la capitale) concernant l’héritage. - Coutume de l’Aggafjord : l’essentiel du patrimoine va à la première fille ; coutume dans le reste du pays : le premier fils est le principal héritier.

1040

Sous l’impulsion de Harald, le christianisme devient la religion officielle du Fizzland.

Ketill a 13 ans ; il arrive à la cour. En été, il participe à sa première bataille : Völgud.

1041

Ketill entre dans la horde à l’âge de 14 ans, le jour de son anniversaire (22 avril) – jamais, auparavant, un homme n’était entré si jeune dans la horde.

1047

Bataille de Stengud, à laquelle prend part Ketill le Rouge. Cette bataille oppose une nouvelle fois les armées de Harald à celle de Hakon Ier du Ghizmark. Victoire du Fizzland. (C’est aussi l’année ou Ketill est insensible à l’amour.)

1048

Second soulèvement des femmes soldat de l’Aggafjord. Harald les vainc à la bataille de Vellir, où Ketill s’illustre. La grand-mère de Sigrid remet ses armes à son mari.       

1051

Harald prend les Îles Swabes à son cousin Hakon Ier du Ghizmark. Dar (13 ans), vexé de ne pouvoir participer à l’entreprise, disparaît pendant un an.

 Mort de Paderbok, grand-père de Svartog. Ses funérailles, qui ont lieu à Koy, sont grandioses.                    

 En mars, naissance de Gunnar. Le 24 juillet, naissance de Sigrid.

  

 Début mai : Ketill rencontre Herdis fille de Atli.  Fin octobre : Ketill épouse Herdis.

ketill

Ketill le Rouge

1052

Naissance, en juillet, de Yon fils de Ketill. Au Ghizmark, les trolls et demi-trolls sont persécutes, expropriés, assassinés... Ils sont nombreux à quitter le pays.

13 août, naissance de Bjorn fils d'Erik. A la même époque, l'armurier Benok achète l'épée Tyrfing - l'arme de Snorri - sur un marché de Koy.

 

 

 

19:37 Écrit par Thomas Lavachery dans Histoire et archéologie du Fizzland | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |