20/09/2009

Ketill le Rouge

 KETILL

Ketill le Rouge

J'inaugure cette rubrique consacrée aux personnages de Bjorn le Morphir avec mon héros préféré, celui que j’aime le mieux mettre en scène : Ketill le Rouge. Il m’a été inspiré (entre autres) par deux créatures de Dumas : Athos et Portos. Ketill, d’une infinie sensibilité (c’est un grand artiste !), est capable de rudesse, de grossièreté ; il peut même se montrer un tantinet « beauf », comme on dirait aujourd’hui. Sa personnalité est contrastée, multiple, baroque, et c'est pour ça qu'elle me plaît !

Ketill apparaît à la fin de Bjorn le Morphir ; il fait partie de ceux qui assistent au duel entre Bjorn et le prince Dar. Et, bien sûr, il est l'un des personnages principaux dans le cycle des enfers. Il sera absent physiquement dans le premier volet de Bjorn aux armées, après quoi, rassurez-vous, il repointera son nez...

KETILL LE ROUGE

Date de naissance :

5 avril 1026 ; il est originaire de la province du Midfjord.

Physique :

Grand, fort, il est célèbre pour sa longue et somptueuse toison rousse. Le roi Harald l’appelle d’ailleurs « La Crinière ». Tous les matins, avant le petit déjeuner, Ketill se coiffe cheveux et barbe, rituel qui peut durer jusqu’à une heure.

Ketill est beau ; il a le front haut et large, des lèvres charnues, une dentition parfaite. Lorsqu’il est soucieux ou fâché, une ride profonde, verticale, creuse son front. Ses yeux, d’un bleu intense, virent au gris dès qu’il est triste.

Il possède un arrière-train rebondi qu’il n’aime guère, et qui lui vaut un surnom : Poudoum, mot hirogwar signifiant « fessier ».

Ayant participé à maintes batailles, cela depuis l’âge de 13ans, il a le torse le plus couturé du Fizzland, ce dont il est infiniment très fier.

Costume :

En tant que membre de la horde, il porte la tunique bleu et or. Il a un sous-vêtement curieux : une jupette en peau d’élan avec une poche sur le revers, dans laquelle il y a… un peigne.

Expressions, mots, jurons favoris :

Maboule – Pardi ! – Ramdam – Nenni – Corne de bique ! Hardi, mes enfants ! – Tonnerre ! – Bon Dieu de bois ! – Sacrebleu ! – Ceci ou cela « ne vaut pas tripette » – Chapeau bas ! – Salut la compagnie !

Qualités :

Généreux, fidèle en amitié, Ketill est au fond une crème d’homme. Poète audacieux et de grand renom, il montre aussi de formidables dispositions pour la sculpture, art auquel il voudrait s’adonner dans l’avenir, clamant haut et fort qu’il ne s’intéressera qu’à la Vierge. « Elle sera mon sujet attitré, mon obsession », a-t-il déclaré dans les enfers, alors qu’il entamait la sculpture d’une petite tête de Marie, son premier chef-d’œuvre.

C’est un grand combattant, même si son escrime très physique, reposant sur l’audace et la force, est quelque peu dépassée.

Excellent marin, il a beaucoup voyagé dans sa vie, entre autres au sud du Sud, en Asimie.

Défauts, petits travers :

Il est têtu, boudeur, déteste être contredit. Il est capable de la plus insigne mauvaise foi.

Il a tendance à lever le coude, ce qui lui a valu quelques disputes avec Bjorn, aux enfers.

Sa famille :

Il est marié à Herdis fille de Bodvar, dont il a eu un fils : Yon. Ce dernier est mort en mer, lors d’une tempête, accident dont Herdis rend Ketill responsable. Le couple ne se parle pratiquement plus depuis le jour du drame. Dans Bjorn aux armées, tome 1, Bjorn rendra visite à Herdis et constatera combien la rancune de celle-ci est toujours vivace.

Ketill a des frères et sœurs, parmi lesquels Bolli, 50 ans, un bossu mentalement retardé. Ketill l’adore et l’a évoqué pour la première fois (Bjorn ignorait jusqu’à son existence) devant les infernautes, ces autres défavorisés du destin.

Informations en vrac :

Il possède un merveilleux étalon noir, Stavig, qu’il a laissé derrière lui sur la route des enfers.

Il parle très vite sous le coup de certaines émotions.

Il est gravement claustrophobe.

Il a été deux fois vainqueur du Skanjarfnar, la plus importante course à ski du Fizzland.

C’est un nageur hors pair.

Sa vue est moyenne, mais son ouïe, excellente.

Quand il chante, sa voix prend un timbre métallique désagréable qui déplaît particulièrement à Daphnir.

Il dort toujours avec un œil à demi ouvert.

Il possède (ou plutôt « possédait », car il l’a abandonné aux enfers) une besace en cuir de renne, véritable sac à malice rempli d’objets plus ou moins utiles : flûte double-bec, amulettes, appeau à lièvre, Vierge en ivoire de morse, outils divers, brosses à cheveux, peigne à barbe, etc., etc., etc.

Ce que les autres disent de lui :

Harald : « Si tous les hommes de ce royaume valaient la moitié d’un Ketill, nous serions les maîtres du monde. »

Bjorn : « Avant de connaître Ketill, j’ignorais qu’on pût aimer quelqu’un de tout son cœur et avoir envie – vraiment envie ! – de l’étrangler une fois par jour. »

Extrait choisi :

Ketill est un personnage tellement important qu’il m’a été difficile de choisir un extrait, un seul, parmi tous ceux qui le mettent en scène. Je me suis décidé pour l’épisode où, dans les enfers, il décrit la surface du monde aux infernautes, ces malheureuses créatures qui n’ont jamais vu la lumière du soleil.

Bjorn aux enfers II, la mort du loup, pp. 250-251 :

« Pendant la descente, les infernautes nous posèrent mille questions, heureux qu’ils étaient de trouver des interlocuteurs amicaux – les premiers, en fait, depuis leur naissance antique !

Ils connaissaient de nombreux mots sans en savoir la signification. Cela peu paraître incroyable ; pourtant c’est la pure vérité. « Soleil, fleur, montagne, océan ; été, maison, drakkar... » : ces vocables n’évoquaient rien pour eux. Ketill se chargea, autant que possible, de les éclairer. Usant de phrases simples, cherchant sans cesse la comparaison avec les réalités du monde souterrain, il réussit un véritable tout de force. Les infernautes purent découvrir en pensée ce que leurs yeux, sans doute, ne verront jamais.

Les descriptions de Ketill parvenaient à rendre compte de choses quasiment indescriptibles. Son portrait de l’aube sur la terre (destiné à des gens qui n’avaient vu ni le soleil, ni le ciel, ni la brume !) me fait encore frissonner, quand j’y repense des années après. Les infernautes, béats d’admiration et de reconnaissance, en redemandèrent encore et encore.

Quant à nous, nous écoutions avec recueillement. Ce n’est pas seulement que nous retrouvions, grâce au miracle des mots, les beautés de la surface, depuis longtemps quittées. Non. En vérité, Ketill nous offrit des yeux neufs. Il parvint à nous transporter sur la terre, à nous entraîner dans un merveilleux survol de notre Fizzland. Les montagnes, les forêts, les rivières capricieuses, les villages, la capitale Updala... nous les contemplâmes sans tout à fait les reconnaître, car la poésie de Ketill les avait transformés. Oh ! ce changement était peu de choses ; un léger écart, oui, mais qui faisait tout.

- Tes paroles me réchauffent le coeur, Ketill, dit Sigrid. J'ai envie de croquer la vie comme une pomme. Je peux presque sentir le jus délicieux sur mon menton, le jus de la vie ! J'ai envie de rire, Ketill le Rouge, grâce à toi !

Svartog souriait jusqu’aux oreilles. Je me sentais revigoré, prêt à toutes les aventures. Les enfers me semblaient soudain moins hostiles et moins laids. L’aspect repoussant des infernautes ne me dérangeait plus, tout à coup, ni leur odeur. Je trouvai même à ces créatures un air sympathique, et leur démarche de pantins réussit à m’attendrir.

- Quand tu le veux, Ketill, tu parles d’or. Dans ta bouche, le fizzlandais devient le langage des elfes. Et notre regard s’en trouve à jamais purifié. Quel étonnant pouvoir est le tien, ami !

-  Merci, me répondit Ketill, avec une modestie qui m’impressionna. »

17:39 Écrit par Thomas Lavachery dans Les personnages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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