30/06/2009

Les hirogwars

Les peuples de la saga

2. Les hirogwars

Les hirogwars, venus de l’Est, se sont installés dans les Terres du Nord à une époque immémoriale : bien avant les hommes. Ce sont des créatures quasi humaines. Parler de « peuple hirogwar » est en réalité impropre, même si tout le monde fait cette erreur. Les hirogwars sont une race distincte des hommes, comme les trolls ou les petchégols, dont ils sont très proches. Il y avait autrefois plusieurs peuples hirogwars : les Chanièles, les Hopés, les Kaïfous… Ces peuples se sont fondus en un seul grand peuple hirogwar sans nom, cela à une époque indéterminée, mais probablement postérieure à l’arrivée des hommes dans les Terres du Nord.

Jamais, ou presque, les hirogwars ne se sont opposées aux hommes, contrairement aux autres premiers habitants du Nord : les trolls et les dragons. Plus tard, lorsque la civilisation Viking se développa, ils cherchèrent à se fondre en elle, tellement ils l’admiraient. Cette rage de s’assimiler leur valut de connaître un destin relativement paisible ; le revers à cette médaille étant qu’ils ont perdu presque toutes leurs traditions – chose qu’ils regrettent amèrement à l’époque de Bjorn le Morphir.

Les hirogwars sont de petites créature d’apparence humaine, au teint jaune. Dépourvus d’ongles et de cheveux, ils ont des yeux minuscules. Hormis certains individus au statut élévé, tel Benok l’armurier, ils s’habillent de bandes de tissus interminables et portent de lourds turbans. Le mélange entre homme et hirogwar est possible ; il a donné naissance à une nouvelle race : les demi-hirogwars. Ces derniers sont soit très grands, tel Svartog-Longs-Bras, fidèle compagnon de Bjorn, soit très petits.

Sur le plan du caractère, les hirogwars ont la réputaion, assez fondée, d’être chamailleurs et têtus. Ils ont une perception aiguë de l’écoulement du temps, connaissent l’heure et le jour d’instinct. Ce sont d’excellents patineurs. Ils ne se servent pas du bouclier, préférant aller au combat avec une massue dans une main, une épée dans l'autre. Leurs chevaux, petits et râblés, n’ont ni queue ni crinière.

Ils adorent les animaux de compagnie et s’entourent de furets, de phoques hurleurs et de bêtes venues de l’étranger, tels des singes.

Le plus célèbre des hirogwars est Paderbok (988-1051), grand-père de Svartog, voyageur infatigable qui visita entre autres le Royaume du Soleil-Levant, loin, loin à l’Est, dont il ramena la fameuse cape serf-volant. Cette dernière appartient désormais à son petit-fils, qui y tient comme à la prunelle de ses yeux. Aux enfers, la cape en question a rendu d’immenses services à Bjorn et à ses compagnons…

Mots de vocabulaire :

Nih : bonjour

Ni-ho: au revoir

Ketzil: oiseau

Opan: eau

Tzan: herbe

Poundoum : fessier

Titzlimil : cerf

Hirdoun : juron très grossier dont nous préférons ne pas livrer la traduction

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Paderbok

Paderbok l'hirogwar, grand voyageur devant l'Eternel, grand-père de Svartog. Il est représenté ici avec son singe petit-fauve, compagnon de toutes ses aventures

17:28 Écrit par Thomas Lavachery dans Les peuples de la saga | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/06/2009

Le pouvoir au Fizzland

Organisation du pourvoir au Fizzland

Le roi

Il est le maître incontesté du pays. Il peut se passer de l’avis du Conseil des sages, dont il fait partie. Cependant, un souverain qui irait trop souvent contre la majorité du Conseil, si le résultat de ses décisions se révélait négatif, finirait par affaiblir gravement sa position. Son autorité pourrait être ouvertement défiée et il mettrait sa vie en péril – assassinat politique.

Le roi est entouré, protégé par la horde, groupe de guerriers – les meilleurs du pays – à géométrie variable. Ketill fait partie de la horde ; comme ses compagnons, il porte la célèbre tunique bleu et or.

Le roi dirige l’armée et, s’il n'est ni trop jeune ni trop vieux, il met un point d’honneur à se battre parmi ses hommes. Un comportement téméraire que les souverains des royaumes voisins n’adoptent que rarement. En effet, les rois du Ghizmark et du Skudland restent à l’arrière durant les batailles, protégés par une muraille de boucliers.

Le jarlal

Si le roi était trop vieux, ou malade, à l'approche d'une guerre, il pourrait nommer un jarlal, lequel prendrait les rênes du pays pendant la durée du conflit. Non seulement il dirigerait l’armée, mais en plus il prendrait les décisions politiques. Il deviendrait, temporairement, le maître absolu du royaume. Tant qu’il serait en fonction, le roi se retirerait dans la grotte de Mjolnur, dieu des interstices et des cavités, lieu inexpugnable en haut de la Montagne fleurie, au nord d’Updala. Le jarlal nest en fait qu’une disposition constitutionnelle, une abstraction. Aucun roi, à ce jour, ne s'est encore retiré dans la grotte de Mjolnur.

Le Conseil de sages

Il est composé de 6 hommes d’expérience, ayant eu une vie exemplaire, jalonnées d’exploits guerriers. Ce sont de surcrot des seigneurs reconnus pour leur sagacité et leurs qualités morales. Le roi est le septième membre du Conseil. Lors de séances fréquentes, on y discute des grandes questions du royaume, on y vote – mais c’est le souverain qui décide en dernier ressort. Si un jarlal était nommé, il siégerait au Conseil à la place du roi.

Assemblées de provinces et assemblées de villages

De nombreuses décisions se prennent aussi au niveau de ces deux assemblées. Le père de Bjorn a autrefois fait partie, et même dirigé, l’assemblée du Rangafjord, province natale du morphir.

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Maison-royale

La maison royale, bâtiment central, à Updala, capitale du Fizzland

mork2

Harald Ier, roi du Fizzland, sur une pièce de monnaie

13:14 Écrit par Thomas Lavachery dans Histoire et archéologie du Fizzland | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/06/2009

Bjorn, héros de bande dessinée

Maintenant que le premier album est terminé et que j’en suis très satisfait, je ne regrette pas que Bjorn soit adapté en BD, bien au contraire. Mais quand on m’a fait la proposition, au début, j’avais un peu la trouille. C’est normal, tous les auteurs, je pense, éprouvent ce genre d’angoisse lorsqu’il s’agit de transposer leurs textes en BD ou en film. Mon premier souci concernait le dessin. Je ne voulais pas d’un graphisme trop réaliste, inapproprié compte tenu de l’âge de mes principaux lecteurs, ni d’un style enfantin. Nous avons cherché, tâtonné un moment ; et puis Didier Borg, l’éditeur, m’a montré des planches de Thomas Gilbert. Son dessin élégant, original et dynamique, m’a immédiatement séduit. Dès que Thomas a été de la partie, je me suis senti rassuré, confiant.

Je dois dire que notre collaboration a été assez idéale. Thomas, qui se chargeait aussi du découpage, m’envoyait les planches au fur et à mesure, par lot de trois ou quatre, et je donnais mon avis. Il s’est jusqu’au bout montré très ouvert à mes observations. Ce n’est pas que nous étions d’accord sur tout (heureusement !), mais nous nous sommes entendus sur l’essentiel. Tant de sa part que de la part de l’éditeur, le souci était de respecter l’œuvre originale. De mon côté, ayant bossé un peu dans le cinéma, je sais qu’il faut laisser une part de liberté aux adaptateurs. L’adaptation d’un roman entraîne de grandes coupes dans l’histoire, toutes sortes d’aménagements. On peut vouloir mettre l’accent sur une thématique plutôt qu’une autre, favoriser tel personnage… Ce qui est moins acceptable, c’est de modifier le récit. Mon fils Jean est un fan d’Eragon. Il est allé voir le film avec ses copains, et ils sont revenus en rage : l’histoire avait été « changée ». Mon plus mauvais souvenir, dans ce domaine, est l’adaptation de Malevil, très beau roman (pour adulte) de Robert Merle, au cinéma. Ce n’était pas mauvais dans l'ensemble, mais les scénaristes avaient imaginé une toute autre fin. En tant qu’admirateur du livre, je m’étais senti floué… Que les lecteurs de Bjorn se rassurent, il n’y a rien de tel dans l’adaptation BD du morphir.


Bonne nouvelle : les suite des aventures de Bjorn va être adaptée dans la foulée ! Nous allons bientôt nous réunir, avec Thomas Gilbert et Didier Borg, pour discuter ferme. Il y a aujourd’hui cinq volumes parus des aventures de Bjorn en roman, comme vous le savez, et je travaille présentement au sixième. L’une des principales questions qui se posent est de savoir si on structure la série BD comme la série romanesque : un roman = un album. En ce qui me concerne, je n’ai pas d’idée préconçue. On va y réfléchir sérieusement… devant une bière belge.

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En exclusivité, la planche 3 des aventures de Bjorn le Morphir en BD

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Bjorn aux prises avec Svartog sur la Terrasse des combattants (Bjorn aux enfers, tome I), dessin de Thomas Gilbert

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Les pétrifiés de la Grande Bouche (Bjorn aux enfers, tome I), dessin de Thomas Gilbert.

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Thomas Lavachery avec Thomas Gilbert, l'adaptateur de Bjorn le Morphir en BD (Photo CLAUDE RIVA)

17:50 Écrit par Thomas Lavachery dans Le morphir en BD | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/06/2009

Les dessins de Gaspard

Je viens de recevoir une série de super dessins d'un lecteur, Gapard de Trazegnies. Ce sont des personnages de l'univers bjornien : Svartog, Mamafidjar, un Yus, etc. Gaspard a 14 ans ; il est bruxellois. C'est aussi lui qui, avec des copains de classe, a réalisé le Dizir en papier mâché dont j'ai mis la photo dans la rubrique "rencontres dans les classes".

Gaspard 1-Svartog

 Svartog-Longs-Bras par Gaspard de Trazegnies

Gaspard 3-Mamafidjar

 Mamafidjar, Bjorn et ses compagnons par Gaspard de Trazegnies

Gaspard-yus

Un Yus par Gaspard de Trazegnies

Gaspard 4

Benok l'armurier hirogwar par Gaspard de Trazegnies

 

 Merci Gaspard !

11:46 Écrit par Thomas Lavachery dans Oeuvres des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/06/2009

Moso et petchégols

En mars 1999, je me suis rendu en Chine avec mon très cher ami Eric Blavier pour tourner des images chez les Moso, peuple qui possède la particularité anthropologique d'ignorer le mariage. Les images ramenées ont servi à faire un documentaire de 56 minutes, Un monde sans père ni mari. Le film est passé sur des télés du monde entier - il faut dire que le sujet, une société sans mariage, pseudo-matriarcale, où la liberté sexuelle est réputée très grande, avait de quoi intéresser les diffuseurs.

Eric est le réalisateur du film, dont je suis le scénariste et coauteur, et c'est mon complice Denis Roussel, auteur des couvertures de Bjorn le Morphir (exceptée la première), qui s'est chargé du montage.

Mon passage chez les Moso, au bord du lac Lugu où j'ai séjourné un moment, m'a servi pour Bjorn aux enfers II. En effet, les petchégols sont en quelque sorte les lointains cousins des Moso, et le personnage d'Ama, pour ceux qui s'en souviennent, est inspiré d'une autre Ama, "matriarche" de la famille chez qui Eric et moi avons logé. "Ama" veut dire grand-mère en moso. La dame s'appelle en réalité Yang Achima ; elle dormait seule au milieu de la pièce principale, dans un lit rouge traditionnel des plus impressionnants. Je me suis très bien entendu avec elle, comme Bjorn avec Ama Matmak. Je me souviens lui avoir offert une boîte de cigares et avoir partagé avec elle de nombreux bols d'alcool de riz...

Il y a de cela quelque temps, j'ai répondu aux questions d'une journaliste italienne concernant les Moso et notre film. Il s'agissait d'un magasine féminin (j'ai oublié lequel). Voici cette interview pour ceux que cela intéresse ; les questions sont en anglais :

1) How did you get in touch with the Moso cilture? How did you first hear about the subject?

C’est mon ami Eric Blavier, coauteur du film, qui a entendu parler des Moso par un jeune sinologue belge. Cela se passait lors d’un mariage, si je me souviens bien. Eric n’en a pas dormi de la nuit et il a décidé de faire un documentaire. Je l’ai rejoins par la suite, en cours de projet.

2) You made a documentary about the Moso people. In your opinion, what is the main aspect in their social life wich most called your attention?

En ce qui me concerne, c’est l’absence de mariage qui m’a tout de suite intrigué. Je suis historien de l’art et, dans mon cursus, il y avait pas mal de cours d’anthropologie. Or mes professeurs avaient toujours présenté le mariage comme le ciment incontournable de la société humaine. Sans mariage – sans échanges de femmes -, pas de société ! Le cas des Moso représente donc une exception à cette sacro-sainte règle. J’avais envie de voir ça de près !

Je crois pouvoir dire qu'Eric Blavier était plus intéressé par le "matriarcat" et la liberté sexuelle observée chez les Moso. Je lui poserais bien la question, mais il est difficile à joindre, étant au milieu d'un voyage de deux ans entrepris en famille, avec son épouse et leurs quatre garçons. Les Blavier, partis de Patagonie, vont remonter le continent américain jusqu'en Alaska. Ils se déplacent dans un car aménagé, une véritable maison roulante !

3) Do you believe that Moso women can be seen as role models for women all over the world ? Why ?

Difficile de répondre à cela. J’ai côtoyé des femmes fières, entreprenantes et très libres dans leurs amours. Sans mariage, le choix des partenaires est guidé par les sentiments, non par des considérations économiques (ce qui est aussi vrai pour les hommes, notons-le). Mais les femmes Moso travaillent énormément pendant que les hommes semblent se la couler douce. Je précise qu’ils n’ont pas l’air heureux pour ça, au contraire, alors que les femmes sont joyeuses et communicatives. Leur attitude est nettement plus ouverte que celle des autres Chinoises que nous avons rencontrées.

3) Do you think that Moso people are happier than average population because of their social structure ? Explain.

Je ne connais pas assez la Chine pour pouvoir tirer des conclusions générales, qui risqueraient d'être bien trop hâtives. Disons en tous cas que la société Moso accorde une place importante aux femmes. Elles y sont considérées. Dans la famille où nous étions, c'est Ama, la grand-mère, qui prenait les décisions. A sa mort, sa fille aînée la remplacera - et non son fils aîné. Alors, oui, la condition féminine m'a paru enviable au bord du lac Lugu.

4) Do you believe their social structure can still survive for many years ?

J'ai peu d'espoir. D'abord, beaucoup de choses ont déjà changé. Des couples commencent à revendiquer le droit de vivre ensemble et de fonder un foyer. Des enfants émettent le souhait de vivre avec leurs deux parents, ce qui n'est jamais le cas traditionnellement. Le mariage n'est donc pas loin. Au moment de la Révolution culturelle et même avant, les gouvernements chinois successifs ont essayé de faire changer les Moso, de les forcer à adopter les poeurs du reste de la Chine. Sans succès. Aujourd'hui, ce que la force et la menace n'ont pas réussi à accomplir, l'influence pernicieuse des films (les Moso regardent des DVD), des journaux, des touristes (chinois en majeure partie) est en train de le faire. Ce qui reste de l'ancienne culture va disparaître, assez vire, à mon avis. Ce qui subsistera, ce sont les maisons et les costumes traditionnels, car ces éléments sont nécessaires au développement du tourisme. Et les Moso - comment les blâmer ? - ne sont pas opposés au tourisme.

6) How do you think it was possible for the Moso population maintain their social structure for that long in China, a country so different from all the Moso people ?

Les Moso vivent - vivaient - dans un certain isolement. Cela a dû jouer un grand rôle. D'autre part, les tentatives de réforme menées par les autorités - brutales, certes - furent épisodiques. les Chinois forcèrent des amants à se marier, à vivre sous le même toit; ils réprimèrent la liberté sexuelle. Et, dès que les envoyés du gouvernement avaient le dos tourné, les Moso reprenaient leurs anciennes habitudes. Les conjoints forcés retournaient vivre dans la maison maternelle et tout redevenait comme avant.

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Petchegol

Un guerrier petchégol, dont le costume est vaguement inspiré de l'habit traditionnel moso.

Chez-les-Moso

Chez les Mosos. Eric Blavier et T. Lavachery parmi les membres de la famille Yang. De gauche à droite, debout : Atshu, fils cadet d'Ama, Latshu, fille cadette, Djama, fille aînée ; assis : Eric, Ama, Thomas, Daba et Tse, enfants des filles.

19:52 Écrit par Thomas Lavachery dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/06/2009

Homuncule, homoncule, homunculus

2 pouces & demi (173 pages), est sorti chez Bayard en 2009, dans la collection MilléZime. C'est Jean-François Martin qui a dessiné la couverture, dont je suis absolument enchanté.

Couv-2-pouces-blog

Voici le texte de la quatrième de couverture :

"Dans les murs d’une grande demeure, à Bruxelles, trois petites créatures grises appelées « ombres » mènent une vie tranquille. Elles sont nées trois siècles auparavant dans le laboratoire secret d’un alchimiste. Pas très futées, elles n’ont ni nez, ni cheveux, ni nombril.

Un jour, les ombres se font attaquer par deux monstrueux frelons échappés de la valise du propriétaire de la maison, qui rentre juste de Chine. S’ensuit un combat sans merci. Dépassées par les évènements, les ombres se mettent à hurler le seul mot qu’elles connaissent : Gilles ! Elles se précipitent dans un dédale de souterrains et débouchent dans une pièce miniature. Table, chaises, lit à baldaquin, bibliothèque, rien n’y manque. Là, vit Gilles, réplique d’homme aux traits parfaits, à l’intelligence extraordinaire, qui ne mesure que deux pouces et demi…"

Le début de l’histoire se passe aujourd’hui, ensuite on remonte le temps pour aller au XVIIIe siècle. A cette époque, un peintre, Emmanuel Denef, vit seul dans une grande bâtisse bruxelloise. Le pauvre est trop laid pour trouver une femme. Comme il adore les enfants, il décide d’avoir recours à l’alchimie pour fabriquer un « homuncule », petite créature à l’image de l’homme, intelligente, que certains alchimistes de la Renaissance, tel Paracelse, prétendaient pouvoir créer. Emmanuel apprend tout ce qu’il peut dans de vieux grimoires, mais son niveau demeure insuffisant pour réaliser son rêve. Il décide alors de partir en Italie, à Urbino, pour demander l’aide du dernier grand alchimiste vivant…

La première fois que j’ai entendu parler des homuncules, c’était dans le Quatuor d’Alexandrie, de Lawrence Durrell, l’une de mes oeuvres fétiches. Le chapitre concerné figure dans Clea (livre trois, I), le dernier tome du « quatuor ». Je n’ai jamais oublié l’épisode en question, qui m’a hanté pendant des années avant que je ne me décide à écrire moi-même une histoire d’homuncule. 2 pouces & demi est un livre spécial pour moi – moins dramaturgique que les Bjorn, assurément, mais très personnel (je crois). J’y ai repéré, après coup, certaines de mes plus intimes obsessions.

Dans son ouvrage De natura rerum, Paracelse écrit ceci sur l’homuncule :

"Il y a dans ce fait un fond de vérité, bien qu'il soit demeuré secret et mis en doute, et qu'on ait beaucoup discuté chez les anciens philosophes la question de savoir si la nature et l'art nous donnent le moyen de produire l'homme en dehors du corps de la femme.
Pour moi, j'affirme que ce moyen ne répugne point à la nature, et qu'il est parfaitement possible.
Voici comment il faut procéder pour y parvenir. Renfermer pendant quarante jours dans un alambic de la liqueur spermatique d'homme ; qu'elle s'y putrifie jusqu'à ce qu'elle commence à vivre et à se mouvoir, ce qu'il est facile de reconnaître. Après ce temps, il apparaîtra une forme semblable à celle d'un homme..."

paracelsePhilippus Theophrastus Aureolus Bombastus von Hohenheim, dit Paracelse (1493-1541) 

 Faust de Goethe, homunculus, gravure du 19èmeGravure tirée du Faust de Goethe, où l'on voit un homuncule dans l'alambic...

 

lawrencedurrellLawrence Durrell, auteur du Quatuor d'Alexandrie

17:53 Écrit par Thomas Lavachery dans Mes autres romans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Extrait de 2 pouces & demi

Voici un extrait de 2 pouces & demi (chapitre 10) dans une mise en page personnelle et agrémentée d'une illustration qui l'est également :

Homunculus_extrait_1

Homunculus_extrait_2

Remarque: les ombres dont parlent les personnages sont de petits êtres gris, aux mains spatulées, sans nez ni oreilles, que les alchimistes produisaient avant de parvenir à faire un homuncule digne de ce nom.

Le dessin ci-dessous représente un homuncule dans son bocal de formation :

Homunculus illu!

09:56 Écrit par Thomas Lavachery dans Mes autres romans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/06/2009

3 grands livres

Après mon top 15 des romans pour tous, voici trois autres récits d’aventures (définition un peu réductrice, en l’occurrence) qui ont enchanté ma jeunesse. Je les ai lus vers 16, 17 ans et, franchement, je ne conseillerais pas de les lire plus tôt – sauf aux lecteurs très avancés.

-         Moby-Dick, de Herman Melville. Chef-d’œuvre absolu, bouquin hallucinant écrit par un génial poète.

-         Cyclone à la Jamaïque, de Richard Hughes. L’un des plus beaux livres sur l’enfance, d’une originalité saisissante, troublant aussi. Rien que d’y penser, une foule de scènes me reviennent précisément en mémoire.

-         L’île, de Robert Merle. L’histoire est inspirée d’un fait réel bien connu : la mutinerie des marins du Bounty, navire anglais qui croisait dans le Pacifique à la fin du XVIIIe siècle. Roman d’aventures, roman philosophique. Superbe. Je viens de le relire d’une seule traite.

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Moby-D

Moby-Dick, la baleine blanche

high_wind_ship

Image de Cyclone à la Jamaîque, film de 1965 tiré du roman de R. Hughes

18:13 Écrit par Thomas Lavachery dans Mes lectures | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/06/2009

Gilles et ses soeurs

Retrouvé dans mes cartons

J'avais réalisé l'aquarelle ci-dessous au moment où je terminais 2 Pouces & demi, mon roman "alchimique".

Gilles-et-ses-soeurs

Gilles l'homuncule et ses soeurs, les ombres (2 Pouces & demi, Bayard 2009)

11:49 Écrit par Thomas Lavachery dans Mes autres romans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/06/2009

2 dessins

J'ai retrouvé deux dessins dans mes cartons. Le premier représente une baleine-ours, comme celle qui avale l'épée de Bjorn dans les enfers II. Le deuxième figure des "enfants de Walkyr", membres de l'armée de fer qui affronte la reine Mamafidjar dans les enfers IV.

 

baleine-ours

 

L'armée-de-fer!_modifié-3

15:45 Écrit par Thomas Lavachery dans Gallerie d'images | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |