20/06/2009

Homuncule, homoncule, homunculus

2 pouces & demi (173 pages), est sorti chez Bayard en 2009, dans la collection MilléZime. C'est Jean-François Martin qui a dessiné la couverture, dont je suis absolument enchanté.

Couv-2-pouces-blog

Voici le texte de la quatrième de couverture :

"Dans les murs d’une grande demeure, à Bruxelles, trois petites créatures grises appelées « ombres » mènent une vie tranquille. Elles sont nées trois siècles auparavant dans le laboratoire secret d’un alchimiste. Pas très futées, elles n’ont ni nez, ni cheveux, ni nombril.

Un jour, les ombres se font attaquer par deux monstrueux frelons échappés de la valise du propriétaire de la maison, qui rentre juste de Chine. S’ensuit un combat sans merci. Dépassées par les évènements, les ombres se mettent à hurler le seul mot qu’elles connaissent : Gilles ! Elles se précipitent dans un dédale de souterrains et débouchent dans une pièce miniature. Table, chaises, lit à baldaquin, bibliothèque, rien n’y manque. Là, vit Gilles, réplique d’homme aux traits parfaits, à l’intelligence extraordinaire, qui ne mesure que deux pouces et demi…"

Le début de l’histoire se passe aujourd’hui, ensuite on remonte le temps pour aller au XVIIIe siècle. A cette époque, un peintre, Emmanuel Denef, vit seul dans une grande bâtisse bruxelloise. Le pauvre est trop laid pour trouver une femme. Comme il adore les enfants, il décide d’avoir recours à l’alchimie pour fabriquer un « homuncule », petite créature à l’image de l’homme, intelligente, que certains alchimistes de la Renaissance, tel Paracelse, prétendaient pouvoir créer. Emmanuel apprend tout ce qu’il peut dans de vieux grimoires, mais son niveau demeure insuffisant pour réaliser son rêve. Il décide alors de partir en Italie, à Urbino, pour demander l’aide du dernier grand alchimiste vivant…

La première fois que j’ai entendu parler des homuncules, c’était dans le Quatuor d’Alexandrie, de Lawrence Durrell, l’une de mes oeuvres fétiches. Le chapitre concerné figure dans Clea (livre trois, I), le dernier tome du « quatuor ». Je n’ai jamais oublié l’épisode en question, qui m’a hanté pendant des années avant que je ne me décide à écrire moi-même une histoire d’homuncule. 2 pouces & demi est un livre spécial pour moi – moins dramaturgique que les Bjorn, assurément, mais très personnel (je crois). J’y ai repéré, après coup, certaines de mes plus intimes obsessions.

Dans son ouvrage De natura rerum, Paracelse écrit ceci sur l’homuncule :

"Il y a dans ce fait un fond de vérité, bien qu'il soit demeuré secret et mis en doute, et qu'on ait beaucoup discuté chez les anciens philosophes la question de savoir si la nature et l'art nous donnent le moyen de produire l'homme en dehors du corps de la femme.
Pour moi, j'affirme que ce moyen ne répugne point à la nature, et qu'il est parfaitement possible.
Voici comment il faut procéder pour y parvenir. Renfermer pendant quarante jours dans un alambic de la liqueur spermatique d'homme ; qu'elle s'y putrifie jusqu'à ce qu'elle commence à vivre et à se mouvoir, ce qu'il est facile de reconnaître. Après ce temps, il apparaîtra une forme semblable à celle d'un homme..."

paracelsePhilippus Theophrastus Aureolus Bombastus von Hohenheim, dit Paracelse (1493-1541) 

 Faust de Goethe, homunculus, gravure du 19èmeGravure tirée du Faust de Goethe, où l'on voit un homuncule dans l'alambic...

 

lawrencedurrellLawrence Durrell, auteur du Quatuor d'Alexandrie

17:53 Écrit par Thomas Lavachery dans Mes autres romans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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